Du point de vue de la géologie, le sable s’inscrit dans le cycle géologique des Roches, tel que schématisé ci-dessous.

Cycle conçu et dessiné par Robert Six

 

Ce cycle se résume comme suit:

  • au début de l’existence de notre planète, la croûte terrestre était une masse silicatée en fusion, qui par refroidissement, donna naissance aux Roches Magmatiques, comme les basaltes d’une part et les granites d’autre part.
  • avec le temps, sous l’action des conditions météorologiques (vent et pluie), ces roches se sont altérées ou érodées. Leurs débris ont alors constitués les Roches Sédimentaires Meubles dont font partie les graviers, les sables, les argiles, selon la granulométrie de ces débris.
  • par la suite, ces sédiments meubles ont subi des modifications, appelés diagenèse, qui les ont transformés en Roches Sédimentaires Indurées ou solides, comme les calcaires et les grès.
  • à leur tour, ces roches sédimentaires indurées ont pu subir d’importantes modifications sous l’action d’élévations de température et /ou de pression. Ceci se produit lors de mouvements (tectoniques) de la croûte terrestre provoquant par exemple l’enfouissement de ces roches. Il en résulta alors des roches dites Roches Métamorphiques, dont les plus connues sont les schistes.
  • ces deux types de roches indurées vont par la suite, subir les effets des agents météorologiques et du transport. Les débris générés vont reconstituer des sédiments meubles, refermant ainsi la boucle du cycle.

Parmi les roches sédimentaires meubles, le sable se caractérise par des grains indépendants, de granulométrie comprise entre 0,63 et 2 mm. Ce sable est dit détritique ou d’origine minérale.

Le phénomène d’altération qui donne naissance aux sables détritiques, est appelé arénisation, terme qui provient du latin arena, signifiant sable. Elle consiste en la dégradation de roches sous l’action du vent et de la pluie, suivie de l’action du transport (éolien ou hydraulique) des débris de roches, lequel use, polit ou déforme les grains. Le quartz (oxyde de silicium) est l’élément prépondérant, grâce à sa dureté et sa résistance aux agents chimiques. L’image 2 montre un sable résultant de l’altération d’un granit et l’image 3, un sable d’altération d’un grès.

 

Image 2 : Grains de sable grossis x 15  Photo et coll. Ph. Thiran

 

Image 3 : Grains de sable grossis x 15  Photo et coll. Ph. Thiran

 

Mais le sable a également pour origine les restes solides de la fossilisation des formes animales les plus élémentaires: les invertébrés marins. Ces derniers ont la particularité de s’entourer d’une carapace, appelée test ou coquille, de nature calcaire ou siliceuse. Cette carapace subsiste après la disparition des parties organiques. Les parties solides, comme les piquants des oursins, les squelettes des éponges, les antennes des crustacés,…subsistent également. L’image 4 montre un sable ainsi constitué sur un fond marin.

 

Image 4 : Grains de sable grossis x 10  Photo et coll. Ph. Thiran

 

Dans le cycle des roches, les roches meubles se transforment en roches sédimentaires indurées.

 

Pour le sable, cette transformation se déroule comme suit:

  • dans un premier temps, les grains charriés par voie hydraulique ou par le vent s’accumulent et constituent des dépôts soit en milieu marin, ce qui forme des bassins de sédimentation, soit en milieu terrestre et constituent des déserts et leurs dunes, des dépôts de loess, …
  • s’opère ensuite le tassement des sédiments sous le poids des couches successives, l’élimination de l’eau entre les grains et la consolidation de l’ensemble par cémentation et/ou cristallisation.
  • ce processus conserve les traces de formation comme la stratification due aux différents dépôts ou par la présence de fossile.

 

Les sables créent ainsi deux catégories de roches sédimentaires indurées:

  • les calcaires à base de calcite (carbonate de calcium), sont soit détritiques soit organiques c’est-à-dire à base d’invertébrés fossilisés,
  • les grès, sont à base de grains de silice.

Les images 5 et 6 illustrent respectivement un calcaire fossilifère et un grès.

 

Image 5 : Calcaire fossilifère  Photo et coll. Ph. Thiran

 

Image 6: Grès rouge des Vosges  Photo et coll. Ph. Thiran

 

 

Le sable apparait donc comme un produit recyclable indéfiniment, ou dans le langage actuel, un produit renouvelable et durable.

Les sables charriés par le Rhin en sont un bon exemple. Ceux-ci, en effet, proviennent actuellement de l’altération des granites du massif alpin et des grès vosgiens, ces granites et ces grès étant nés jadis de débris de roches venus d’ailleurs.
Les sables qui sont actuellement charriés, vont se déposer en mer du Nord où ils constituent un nouveaux bassin de sédimentation qui finira par s’indurer et le cycle se répétera … à l’échelle des temps géologiques. Ce sable est illustré à l’image 7.

 

Image 7 : Grains de sable grossis x 15  Photo et coll. Ph. Thiran

 

 

 

Sources bibliographiques :

  • Le Sable, secrets et beauté d’un monde minéral, par J.Ayer, M.Bonifazi et J.Lapaire, Museum de Neuchâtel, 2002.
  • Articles sur les roches, par Robert SIx, bulletins du Groupe d’Etudes des Sciences de la Terre, 2014.
  • Dictionnaire de géologie, de A. Foucault et J-F Raoult, 7° éd. Dunod, 2010.

 

La minéralogie comme la volcanologie sont des sciences qui évoluent avec le temps au fur et à mesure de l’avancée de la recherche et des connaissances. Ce qui est vrai à un instant T peut être remis en cause le lendemain.

Philippe Thiran, l’auteur de ce post, se tient à disposition de ceux qui voudraient échanger à propos des notions géologiques présentées. Vous pouvez nous contacter pour avoir ses coordonnées personnelles.

 

L’Aragat ou le « Trône d’Ara » est le point culminant de l’Arménie.

Une légende raconte que les montagnes arméniennes étaient d’immenses et robustes frères, qui, chaque matin à l’aube, se réveillaient et enfilaient leur ceinture avant de se saluer. C’est ainsi qu’ils vécurent pendant de nombreuses années. Mais ils prirent de l’âge et commencèrent à se réveiller de plus en plus tard. Un jour après leur réveil, ils oublièrent tout simplement de porter leur ceinture et se saluèrent sans que cela n’ait été un “rituel”. Cela provoqua la colère de Dieu, qui les punirent en transformant les frères en montagnes, leurs ceintures en champs verts et leurs larmes en sources cristallines. Les montagnes sont l’Aragats, les monts Ararat, Sebelan et Sipan.

Une autre légende raconte que le mont Aragats et le mont Masis (le même mont Ararat) étaient deux sœurs aimantes. Mais un jour, elles commencèrent à se disputer pour savoir laquelle des deux était la meilleure, la plus haute et la plus belle. Le Mont Maruta chercha à réconcilier les deux soeurs, mais voyant à quel point ses efforts étaient inutiles, il décida de leur jeter une malédiction pour qu’elles soient séparées et ne se retrouvent plus jamais. Masis décida de maudire Aragats pour qu’elle soit remplie de tristesse et de larmes toute l’année. Aragats maudit également Masis, afin que personne au monde ne puisse jamais en escalader le sommet. Leurs malédictions se réalisèrent, les larmes d’Aragats formèrent un lac sur ses pentes et Masis fut abandonnée.

Sources:

traveltoarmenia.am

armgeo.am

 

Découvrez nos vidéos en Arménie avec Jacques-Marie Bardintzeff :

Earth of Fire est un blog dédié aux volcans. Bernard Duyck est la personne derrière ce blog. Actualité volcanique, articles scientifiques, récits et photos de voyage, il y a de quoi ravir les passionnés de volcanologie !

  • Dites-nous en un peu plus sur vous ? Comment vous est venu cette passion pour les volcans?

En plus de ma profession de pharmacien d’officine, le besoin de compenser côté nature m’a fait intéresser à l’ornithologie tout d’abord. Le développement des premiers reportages sur les volcans d’Haroun Tazieff, puis les films de Maurice et Katia Krafft, dont son expérience en canot pneumatique sur le lac acide du Kawah Ijen, m’ont inoculé le virus et l’envie de vivre ces moments sur le terrain. J’ai pu descendre dans le cratère de l’Ijen lors d’un périple en Indonésie en 2001 … et depuis, l’odeur du soufre m’a emmené sur bien d’autres volcans.

Orgues à Gangolfsberg (Rhön Allemagne) Crédit : Bernard Duyck
Piton de la Fournaise La Réunion
Crédit : Bernard Duyck

 

  • Votre blog affiche 6289 articles, c’est impressionnant ! Maintenir ce site à jour doit être un travail assez conséquent, comment faites-vous pour vous renseigner et maintenir cette cadence?

Il faut relativiser: je diviserai déjà le chiffre par deux, puisqu’il y a une traduction des articles en anglais, et cela se répartit sur onze années. Le travail de récolte des nouvelles et la rédaction des articles quotidiens me prend deux à trois heures, auxquelles s’ajoutent le temps consacré à la lecture des articles scientifiques et livres sur la volcanologie. J’ai une liste d’observatoires volcanologiques et d’instituts qui me permettent d’accéder à leur suivi quotidien d’une part, et un réseau d’amis qui m’alertent de l’activité des volcans proches de chez eux et m’envoient leurs photos; les réseaux sociaux viennent compléter mes sources.

Le Grand prismatic Yellowstone USA
Crédit : Bernard Duyck
Gunnhuver hot springs Islande
Crédit : Bernard Duyck

 

  • Comment passe-t-on de passionné de volcans à bloggeur?

D’une part, je n’étais pas satisfait par l’information existante, uniquement textuelle, et d’autre part, un événement familial m’a contraint à limiter fortement mes vagabondages. Comme j’aime bien être toujours occupé, j’ai partagé mon temps à la maison entre le blog, le jardinage, et les diverses charges domestiques. Le blog permet de m’évader, et de partager mes lectures, mes informations et quelques photos de voyage avec le monde des volcanophiles.

  • Dans le monde des volcans, un petit coup de cœur?

Le choix n’est pas facile ! Mais mon préféré demeure l’Ol Doinyo Lengai, le volcan sacré des Maasaï, en Tanzanie.

Il reste lié à mes plus fortes sensations de voyage, par les efforts consentis pour le gravir, et en redescendre, avec un matériel d’occasion réduit au minimum … puisque mon sac n’avait pas suivi, à l’amitié qui en est née avec un compagnon d’expédition, aux belles rencontres avec les nomades, et la merveilleuse nature du pays.

Lengaï Tanzani 2006
Crédit : Bernard Duyck
Dallol Ethiopie
Crédit : Bernard Duyck

 

Découvrez le site web :

http://www.earth-of-fire.com/

A l’heure où la sismicité sur la Péninsule de Reykjanes et la formation d’un dyke dans la zone située entre Fagradalsfjall et Keilir divisent les volcanologues sur la possibilité d’une éruption à court terme, il est intéressant de rappeler que la région est sujette à de nombreuses manifestations géothermiques.

Moins connu que le site de Krysuvik, le lac de Kleifarvatn à quelques kilomètres de Keilir  est sujet à des manifestions géothermiques plus ou moins importantes au fil des ans comme en témoignent ces photos prises à l’extrémité sud du lac en 2011.

Quant à une éruption sur la péninsule, seul l’avenir nous dira si le magma parvient à parcourir ce dernier kilomètre avant d’atteindre la surface ?

 

Geothermie Keflavatan Island, Islande eruption Keflavatan

 

Geothermie Keflavatan Island, Islande eruption Keflavatan

 

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Kleifarvatn – Islande 2011

 

 

Nommé d’après l’amiral portugais qui a découvert l’île en 1506, Tristan da Cunha se trouve avec Inaccessible, Nightingale, Middle et Stoltenhoff à mi-chemin entre l’Amérique du Sud et l’Afrique. Cette île reste très petite, d’une largeur de 13 km. Le volcan bouclier, d’une hauteur de 2060 m, a connu des éruptions provenant du sommet du cratère, le Queen Mary’s Peak. Cette île a connu une éruption volcanique en Octobre 1961.

Bien que de légères secousses aient été ressenties à Tristan Da Cunha pendant deux mois, des scientifiques anglais ont pensé que les chocs résultaient d’un léger tassement de la surface de la terre le long d’une possible ligne de faille. À la mi-septembre, le tremblement de terre le plus important s’est produit.

Fin septembre, un autre événement alarmant se produisit. Deux falaises ont commencé à se désintégrer, les roches se sont écrasées au pied, soulevant des nuages de poussière d’une trentaine de mètre de haut. Chaque secousse a apporté plus de roches dévalants vers le village, mais les habitants de l’île ont accepté la situation avec stoïcisme. Un jour, les villageois ont découvert qu’ils ne pouvaient plus bouger les portes et les fenêtres de chez eux. Beaucoup d’insulaires décidèrent de quitter leurs maisons pour aller plus à l’est du village. Le lendemain, de nouvelles fissures et crevasses ont lacéré la pente à 200 mètres de la maison la plus à l’est. Il a été décidé d’évacuer le village.

Les 264 habitants de l’île ont dû être évacués en Angleterre pendant 18 mois.

 

Découvrez une autre île de l’Atlantique, Les Açores

 

Sources :

  • Global Volcanism Program
  • Home to Lonely Tristan da Cunha, de James P.Blair, National Geographic, Janvier 1964.
  • Death of an Island, Tristan Da Cunha, de P.J.F. Wheeler, National Geographic, Mai 1962

Le chaudron de vulcain est un site principalement dédié à l’actualité des volcans. Cette mine d’or a aussi pour vocation d’être pédagogique (fiche volcan, vidéo, lexique et bibliographie). George Vitton est la personne derrière ce blog. Il a également publié un livre de photos, Volcans de légende.

 

  • Vous êtes un passionné de volcan, maintenir ce site à jour doit être un travail assez conséquent, comment faites-vous pour vous renseigner et maintenir cette cadence?

Ce n’est pas facile tous les jours. Je prends les infos auprès des sites gouvernementaux, des observatoires volcanologiques et (parfois) des journaux locaux. Il faut compter environ 2 heures pour la rédaction du bulletin. Tous les jours, samedi dimanche compris. Durant les  “temps de vaches maigres” (avec peu d’éruptions), il faut aller chercher vers des volcans peu médiatiques. Le reste du temps, j’arrive à “m’avancer ” durant la soirée…

 

  • Quand est-ce que votre passion pour les volcans a-t-elle débuté?

Je remercie mes parents qui ont toujours mis dans mes mains des LIVRES. Notamment des recueils du “Reader Digest” ou j’ai lu des centaines de fois un article sur l’éruption du Krakatau, dans le détroit de la Sonde. Cela a été mis en sommeil, et cela est remonté vers mes 45 ans. J’allais en vacances à l’époque en Sicile. J’avais trouvé un volcanologue Suisse, Mr Thierry Basset, qui faisait le tour des volcans de Sicile avec des profs de l’Université de Genève. Je les ai rejoint sur l’Etna. Géologues, volcanologues, botanistes, entomologistes… Je suis devenu un buvard, perdu pour le reste du monde.

Descente du Krakatau
Crédit : George Vitton

 

  • Vous avez également publié un livre de photos de volcans «volcans de légende »  où l’on découvre des volcans des quatre coins du monde avec des explications volcanologiques et des légendes autour  des volcans en question. Comment avez eu l’idée ? Quel a été votre expérience d’écrire un livre ? Souhaiteriez-vous sortir un autre livre ?

Si on m’avait dit un jour que je publierai mes photos…. C’est venu d’une discussion. Mon banquier cherchait une idée de cadeau pour ses clients. De fil en aiguille, l’idée d’un bouquin photo est venue. C’est une expérience fabuleuse, de trouver un fil conducteur. Mon ami Jacques Marie Bardintzeff a gentiment rédigé la préface. J’ai découvert les éditions, leurs rotatives… Exceptionnel. Maintenant, un autre livre … pourquoi pas ? Peut-être les mémoires d’un autodidacte face aux volcans ???

 

  • Quels sont vos volcans préférés?

Ben, je ne pense pas qu’il y en ai un… Ils sont tous fabuleux. L’Erta Ale et le Dallol peut-être ? Mais aussi le Klyuchevskoy, Stromboli, le Kawah Ijen, mon cher Krakatau.. Sans oublier le Yasur, le Bembow et sa longue descente… Non, je n’y arrive pas….

 

  • Des nouvelles de vos projets de conférences et/ou d’animation pédagogique?

Cela se résume en peu de mots : COVID  19

 

  • Et pour sortir un peu des volcans, vous vivez dans un moulin?

Notre havre de paix. Ce moulin date d’avant 1600 (les archives ont été brûlées). Il servait à faire de la farine panifiable. Actuellement, il ne produit plus de farine, mais, grâce à sa retenue d’eau, de l’électricité au moyen d’une turbine. Ce système chauffe un ballon d’eau qui permet d’économiser 2,5 tonnes d’équivalent CO2, pour chauffer 3 logements. Lieu à défendre contre les attaques écologistes qui militent pour la continuation hydrologique des rivières. Il faut juste noter que la Teyssonne, qui l’alimente, est à sec chaque année durant 4 mois. Les poissons sont bien heureux de survivre dans la retenue d’eau. Et ce microcosme est (jusqu’à ce jour) l’habitat de 44 espèces d’oiseaux (sédentaires ou non ) que nous avons pu observer, photographier. Donc une nouvelle source de passion: après les volcans, les oiseaux.

L’étang du moulin
Crédit : George Vitton

Découvrez le site web :

Le chaudron de vulcain

La société de volcanologie Genève (suisse) est une association fondée en 1985. Elle a pour but de promouvoir l’étude et la connaissance dans la volcanologie. Elle propose également des rencontres et des conférences. Depuis 1985, il existe un bulletin mensuel.

La SVG a été précurseur pour collecter et partager les informations sur l’actualité volcanique autour du monde, bien avant la démocratisation d’internet.

Les passionnés ont pour habitude de se retrouver tous les deuxième lundi du mois pour une soirée de conférence et de projections d’images des abonnés. Un moment de partage pour les passionnés de volcans et de voyages. Ah oui, on a oublié de préciser, les participants de toutes nationalités sont les bienvenues dans l’association 😉

Découvrez le site internet :

SVG

Après avoir voyagé dans le monde entier à observer les volcans, Claude Grandpey nous décrit territoire par territoire les glaciers menacés par le réchauffement climatique. D’un ton alarmiste l’auteur explique que la planète doit être protégée. Mêlant expérience personnelle et avis des scientifiques, Claude Grandpey nous dépeints les conséquences du réchauffement climatique. Il nous explique également les solutions utilisées par les autorités afin de ralentir, à notre échelle humaine, les effets néfastes du réchauffement climatique.

Retrouvez son  dernier livre :

Site de Claude Grandpey

Professeur d’anglais à la retraite, Claude Grandpey focalise aujourd’hui son attention sur ses deux passions, la volcanologie et la lutte contre le réchauffement climatique. Il est aussi président d’honneur de L’Association Volcanologique Européenne LAVE. Mémoires volcaniques ; Terres de feu, Voyages dans le monde des volcans ; Volcanecdotes ; Glaciers en Péril ; Dans les pas de l’ours sont quelques-uns de ses ouvrages. Volcans et Glaciers est également un blog sur l’actualité volcanique et pédagogique. Claude Grandpey propose également des conférences aussi bien pour promouvoir les connaissances autour de la volcanologie que pour expliquer la problématique du réchauffement climatique.

Couleurs automnales de la toundra
Crédit : Claude Grandpey

 

  • Comment passe-t-on de l’anglais à la volcanologie/climatologie, c’est inhabituel comme parcours?

Ce n’est pas si inhabituel que cela quand on songe que l’anglais est la langue scientifique. Elle ne suffit pas toutefois pour s’ouvrir les portes; j’ai la chance de parler couramment italien et assez bien allemand et espagnol, ce qui permet de se faire comprendre et de s’ouvrir des portes dans pas mal d’endroits. J’ai eu aussi l’immense chance de rencontrer Haroun Tazieff avec lequel j’ai gardé des relations relativement étroites jusqu’à sa mort. Il m’a ouvert pas mal de portes, en Italie surtout.

 

  • Quelle est votre mission au sein de LAVE?

Ma mission est de gérer le service Infolave. Je diffuse chaque semaine un bilan de l’activité volcanique dans le monde. La fréquence de diffusion est plus grande quand un volcan entre en éruption.

 

  • Vous avez eu l’occasion de participer à des expéditions scientifiques. Qu’en avez-vous retiré?

J’ai eu effectivement l’occasion de collaborer avec des observatoires comme celui des volcans d’Hawaii ou celui de Yellowstone. Étant prof d’anglais, je ne suis pas un scientifique diplômé, mais ma pratique de l’anglais et de l’italien et une bonne dose de diplomatie (c’est le plus important) m’ont permis de gagner la confiance de plusieurs organismes scientifiques. Il est toujours gratifiant d’être au contact de scientifiques, d’être conseillé dans l’utilisation du matériel. Peut-être le plus important, on a l’autorisation de pénétrer dans des zones autrement interdites.

 

Grand Prismatic à Yellowstone
Crédit : Claude Grandpey

 

Gerbe de lave à Hawaii
Crédit : Clade Grandpey

 

  • Vos livres sont sur la thématique de la géologie (Glaciers en Péril, Mémoires Volcaniques…) et pourtant votre dernière publication est centrée sur l’ours. Pourquoi ce choix?

J’aime beaucoup l’ours, peut-être parce qu’il correspond un peu à mon tempérament. Et puis, lors de plusieurs voyages en Alaska, j’ai eu l’occasion de l’approcher et de l’observer longuement. Contrairement à certains, je ne me focalise pas à 100% sur les volcans. A mon avis, c’est un grave défaut d’avoir des œillères. Par exemple, en Alaska, on peut observer des volcans comme le Redoubt ou l’Augustine, mais ce serait une erreur de négliger les glaciers, la toundra et toute la faune qui y vit.

Ours et saumon en Alaska
Crédit : Claude Grandpey

 

  • Depuis longtemps vous vous battez contre le réchauffement climatique en contribuant à une meilleure information sur ce sujet (et à lutter contre la désinformation). Or, ce thème très présent dans l’actualité n’évolue que très doucement dans les décisions et les actes, est-ce-que ce n’est pas parfois décourageant ?

Je ne le pense pas. En septembre dernier, j’étais au chevet des glaciers alpins qui fondent vite, mais pas aussi vite que les glaciers et la banquise arctiques. Je suis un privilégié d’avoir pu observer ces deux mondes. Mon rôle est de faire savoir ce qui se passe dans les hautes latitudes. Ce n’est qu’à force de répétition que le clou finira par entrer. Je suis Creusois et le Creusois est têtu; je ne lâcherai pas le morceau de sitôt. Et puis, les événements climatiques extrêmes qui se préparent, l’apparition de virus avec le dégel du permafrost, feront vite prendre conscience de la gravité du réchauffement climatique.

 

  • Envisagez-vous d’écrire un autre livre? Avez-vous des actualités, des conférences etc… ?

Rien de prévu pour le moment et la crise sanitaire avec les librairies fermées, les salons annulés n’encouragent guère dans cette voie. Mais l’inspiration est parfois très rapide chez moi! Je devais faire des conférences dans les prochaines semaines et en 2021, mais je ne suis pas très optimiste. Nous ne sommes pas près de sortir de cette ornière.

 

Découvrez le site internet :

claudegrandpeyvolcansetglaciers

Crédit photo : Laurent Perrier

Ludovic Leduc est un volcanologue indépendant et médiateur scientifique. Avec Alex Molle, un ami passionné de volcans comme lui, ils forment l’équipe d’Objectif Volcans dont la page facebook éponyme reflète leur volonté : apporter des connaissances scientifiques et adaptées autour des volcans, derrière un suivi de l’actualité volcanique mondiale. Le Piton de la Fournaise y est mis en avant, car Ludovic y a vécu quelques années et ce volcan est le sujet de ses premiers projets professionnels. Mais s’il reste très attaché à cette île, il cherche aujourd’hui à élargir ses horizons…

Crédit : HTA Photographie

  • Comment est né votre intérêt pour les volcans?

À l’âge de mes sept ans, j’ai participé à une classe découverte en Auvergne. L’animateur nous a fait croire qu’en collant son oreille au fond du cratère du Puy de Pariou, nous pourrions entendre le magma… On s’est tous exécutés pour, ensuite, se persuader de l’avoir entendu, ce que je sais aujourd’hui faux, mais cela a éveillé en moi une passion qui ne m’a jamais quitté. J’ai commencé par collectionner des cailloux, puis j’ai lu et vu pas mal de livres et films sur le sujet. Maurice et Katia Krafft m’ont fait voyager et sont devenus de vrais modèles, tant pour leur liberté d’action et de pensée que pour cette envie de transmettre qui résonne aujourd’hui en moi.
Je n’étais toutefois pas l’excellent élève que ces longues études nécessitent. J’étais peut-être aussi effrayé devant le peu de débouchés proposés par cette voie. C’est d’abord un professeur de SVT qui m’a donné confiance en moi, puis mes parents qui m’ont donné le coup de pied au derrière dont j’avais besoin. Je me suis alors rendu compte de mes capacités et me suis nourri de tous ces enseignements jusqu’au Master de Clermont-Ferrand. Je ne suis pas allé plus loin, sans doute car je n’étais pas complètement en phase avec la recherche scientifique, sachant que ce n’était pas non plus tout à fait la meilleure manière, pour moi, de vivre cette passion pour les volcans…
Le choix d’aller vivre à La Réunion avec ma compagne a été la révélation. J’ai découvert une île merveilleuse, avec un volcan superbe et très actif. En plus des éruptions, je me suis découvert un goût pour la transmission des connaissances et me suis totalement engagé dans cette voie.

  • Quel lien particulier avez-vous avec le Piton de la Fournaise?

C’est mon premier volcan. Si j’ai pu en découvrir quelques-uns avant d’aller à La Réunion lors de mes études ou de voyages personnels, le Piton de la Fournaise est celui où j’ai vécu mes premières vraies émotions. J’ai eu la chance de vivre pleinement sept éruptions lors des trois ans où j’ai vécu sur cette île ! Ce sont des émotions immenses, personnelles d’abord car vécues comme un certain aboutissement, mais aussi partagées avec mes proches qui, enfin, pouvaient mieux comprendre cette passion…
C’est aussi sur ce volcan que j’ai acquis une certaine expérience de terrain. J’y ai développé mon regard de scientifique, à partir des bases apprises lors de mes études notamment, mais qui se sont tellement enrichies depuis. Cela a renforcé l’idée de ce que je voulais faire de ce métier : voyager, tout en continuant de s’enrichir de nouvelles connaissances.
Le Piton de la Fournaise, c’est aussi le volcan de mes premiers travaux. J’ai eu la chance de vivre une superbe éruption de deux mois qui a commencé le lendemain de la naissance de mon premier enfant. Ce fut un moment intense de ma vie, où j’alternais les allers-retours au volcan tous les trois jours et la découverte de la paternité… Les nombreuses images filmées lors de cette éruption m’ont permis de réaliser un film pédagogique dans lequel j’explique comment se déroulent habituellement les éruptions de ce volcan… J’en ai fait un DVD pour les touristes, mais aussi pour les professeurs de SVT au service de leurs élèves. Ce premier projet m’a donné envie de continuer dans cette voie de l’entreprenariat, avec cette volonté de diversifier les moyens pour faire passer le message…
J’ai ensuite développé des parcours pédagogiques sur le Piton de la Fournaise pour tenter de transmettre la manière dont se forment les paysages réunionnais. J’ai donc emmené quelques touristes au volcan puis, en rentrant en métropole, j’ai coordonné et écrit une partie du guide géologique de La Réunion pour que ces parcours pédagogiques demeurent, mais d’une autre manière…
Aujourd’hui, je vis à 10 000 km de la Fournaise. Pourtant, dès qu’il entre en éruption, j’ai cette même appréhension, cette même excitation que lorsque j’habitais là-bas… C’est viscéral, si bien que je ne peux m’empêcher de suivre l’éruption grâce à mes amis réunionnais, pour comprendre ce qu’il se passe et partager…

Crédit : Ludovic Leduc
  • Est-ce qu’il y a une éruption historique qui vous a vraiment marqué?

Je n’ai pas vécu d’éruption que l’on peut vraiment qualifier d’historique.
L’éruption qui commença juste après la naissance de mon premier fils fut quand même à l’origine d’un des plus gros cônes volcaniques de l’Enclos Fouqué, ce qui n’est pas rien. L’activité fut par moment vraiment impressionnante ! Cette éruption m’a aussi permis de découvrir l’ensemble des phénomènes éruptifs principaux de ce volcan, ce qui m’a donné l’idée de faire ce film pédagogique. Il y a aussi notre première éruption en 2014 avec ma femme : une petite éruption, plus charmante qu’impressionnante, mais le partage avec elle rendit le moment exceptionnel ! Je pense également à une éruption en 2015 sur laquelle on arriva 20 minutes seulement après le début avec un ami … Les fissures éruptives continuaient à s’ouvrir… magique ! L’année d’après, mon père a fait du pain sur des coulées à peine solidifiée… Ce fut un autre moment d’exception, de nos deux passions mélangées à quelques pas du cône en formation…
J’ai aussi eu la chance d’aller sur le Nyiragongo, un volcan au Congo qui héberge le plus grand lac de lave du monde… Un spectacle inoubliable ! Avec Alex, ce fut la découverte d’un volcan bien plus dangereux que la Fournaise mais pourtant bien moins surveillé alors qu’il menace près de 2 millions de personnes… Cette prise de conscience nous a donné envie de nous investir pour aider l’Observatoire volcanologique de Goma. Monter des projets au Congo est difficile mais j’ai bon espoir que cela aboutisse un jour, peut-être en collaboration avec la Fondation Volcano Active, une jeune fondation qui a de grands objectifs pour améliorer la vie des 500 millions de personnes qui vivent à proximité d’un volcan actif.

Crédit : Ludovic Leduc
  • Un mot sur le guide que vous avez publié?

La Réunion est une île géologiquement très riche, avec un volcan très actif et une érosion démentielle en lien avec une pluviométrie parmi les plus importantes de la planète. Cela engendre des paysages spectaculaires qui attirent de nombreux touristes et que la géologie permet de comprendre…  C’est pour moi le meilleur endroit en France pour cela : il était donc important d’élargir la collection de ces guides géologiques à La Réunion ! J’ai pris le projet en main et ai fait le lien entre les trois autres auteurs et Omniscience, la maison d’édition. J’ai aussi et surtout écrit la partie sur le massif volcanique du Piton de la Fournaise qui représente 60% du livre environ…
Ce guide, c’est d’abord une histoire géologique complète qui permet de fixer les notions et moments clés depuis l’émergence de l’île, il y a plus de 3 millions d’années. C’est également dix randonnées détaillées pour voir… et comprendre ! De Mafate au Piton de la Fournaise en passant par la route des Laves ou la Plaine des Cafres, nous avons essayé de mêler pédagogie et belles iconographies pour réussir à vous faire prendre la mesure des phénomènes géologiques à l’œuvre sur cette belle île. C’est enfin sept fiches découvertes sur des sujets aussi variés que les orgues volcaniques, les climats extrêmes de l’île ou le fonctionnement de l’observatoire volcanologique…
Personnellement, ce livre m’a aussi permis de clôturer mon passage à La Réunion, en laissant un témoignage des richesses de cette île qui m’a profondément marqué.

 

Crédit : Ludovic Leduc
  • Quels sont vos projets à venir?

J’ai encore quelques projets à La Réunion, avec la Cité du Volcan notamment, qui est le musée dédié aux volcans et au Piton de la Fournaise. Je suis par exemple en train de finir d’écrire un livre pour ce musée sur le Piton de La Fournaise qui sera à la fois un accompagnement à la randonnée jusqu’au sommet de la Fournaise et un beau livre avec de belles illustrations ! Je suis également sur un autre projet de livre, pour les enfants cette fois, en collaboration avec la Fondation Volcano Active. C’est j’espère le début d’une collection qui visera à apporter des informations scientifiques et pédagogiques aux enfants qui habitent près des volcans actifs. Je pense en effet qu’il est essentiel de mieux éduquer et informer les enfants par rapport aux risques volcaniques, particulièrement ceux qui vivent à proximité de volcans actifs et dangereux…
J’interviens aussi dans les établissements scolaires et les centres culturels par le biais de conférences sur le sujet. Avec Alex, nous commençons aussi à organiser et accompagner des voyages sur les volcans actifs en partenariat avec 80 Jours Voyages car partager ses connaissances sur le terrain n’a rien de comparable… Deux sont fixés pour 2021 : les Açores et la Sicile, en espérant que le contexte sanitaire nous permette de partir ! Quoiqu’il en soit, ces voyages concordent avec mon envie insatiable de voyager, de voir des volcans et des éruptions…

Crédit : Ludovic Leduc

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La bande-annonce qui présente son DVD :
Une éruption classique à la Réunion

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10 itineraires de randonnée