Du point de vue de la géologie, le sable s’inscrit dans le cycle géologique des Roches, tel que schématisé ci-dessous.

Cycle conçu et dessiné par Robert Six

 

Ce cycle se résume comme suit:

  • au début de l’existence de notre planète, la croûte terrestre était une masse silicatée en fusion, qui par refroidissement, donna naissance aux Roches Magmatiques, comme les basaltes d’une part et les granites d’autre part.
  • avec le temps, sous l’action des conditions météorologiques (vent et pluie), ces roches se sont altérées ou érodées. Leurs débris ont alors constitués les Roches Sédimentaires Meubles dont font partie les graviers, les sables, les argiles, selon la granulométrie de ces débris.
  • par la suite, ces sédiments meubles ont subi des modifications, appelés diagenèse, qui les ont transformés en Roches Sédimentaires Indurées ou solides, comme les calcaires et les grès.
  • à leur tour, ces roches sédimentaires indurées ont pu subir d’importantes modifications sous l’action d’élévations de température et /ou de pression. Ceci se produit lors de mouvements (tectoniques) de la croûte terrestre provoquant par exemple l’enfouissement de ces roches. Il en résulta alors des roches dites Roches Métamorphiques, dont les plus connues sont les schistes.
  • ces deux types de roches indurées vont par la suite, subir les effets des agents météorologiques et du transport. Les débris générés vont reconstituer des sédiments meubles, refermant ainsi la boucle du cycle.

Parmi les roches sédimentaires meubles, le sable se caractérise par des grains indépendants, de granulométrie comprise entre 0,63 et 2 mm. Ce sable est dit détritique ou d’origine minérale.

Le phénomène d’altération qui donne naissance aux sables détritiques, est appelé arénisation, terme qui provient du latin arena, signifiant sable. Elle consiste en la dégradation de roches sous l’action du vent et de la pluie, suivie de l’action du transport (éolien ou hydraulique) des débris de roches, lequel use, polit ou déforme les grains. Le quartz (oxyde de silicium) est l’élément prépondérant, grâce à sa dureté et sa résistance aux agents chimiques. L’image 2 montre un sable résultant de l’altération d’un granit et l’image 3, un sable d’altération d’un grès.

 

Image 2 : Grains de sable grossis x 15  Photo et coll. Ph. Thiran

 

Image 3 : Grains de sable grossis x 15  Photo et coll. Ph. Thiran

 

Mais le sable a également pour origine les restes solides de la fossilisation des formes animales les plus élémentaires: les invertébrés marins. Ces derniers ont la particularité de s’entourer d’une carapace, appelée test ou coquille, de nature calcaire ou siliceuse. Cette carapace subsiste après la disparition des parties organiques. Les parties solides, comme les piquants des oursins, les squelettes des éponges, les antennes des crustacés,…subsistent également. L’image 4 montre un sable ainsi constitué sur un fond marin.

 

Image 4 : Grains de sable grossis x 10  Photo et coll. Ph. Thiran

 

Dans le cycle des roches, les roches meubles se transforment en roches sédimentaires indurées.

 

Pour le sable, cette transformation se déroule comme suit:

  • dans un premier temps, les grains charriés par voie hydraulique ou par le vent s’accumulent et constituent des dépôts soit en milieu marin, ce qui forme des bassins de sédimentation, soit en milieu terrestre et constituent des déserts et leurs dunes, des dépôts de loess, …
  • s’opère ensuite le tassement des sédiments sous le poids des couches successives, l’élimination de l’eau entre les grains et la consolidation de l’ensemble par cémentation et/ou cristallisation.
  • ce processus conserve les traces de formation comme la stratification due aux différents dépôts ou par la présence de fossile.

 

Les sables créent ainsi deux catégories de roches sédimentaires indurées:

  • les calcaires à base de calcite (carbonate de calcium), sont soit détritiques soit organiques c’est-à-dire à base d’invertébrés fossilisés,
  • les grès, sont à base de grains de silice.

Les images 5 et 6 illustrent respectivement un calcaire fossilifère et un grès.

 

Image 5 : Calcaire fossilifère  Photo et coll. Ph. Thiran

 

Image 6: Grès rouge des Vosges  Photo et coll. Ph. Thiran

 

 

Le sable apparait donc comme un produit recyclable indéfiniment, ou dans le langage actuel, un produit renouvelable et durable.

Les sables charriés par le Rhin en sont un bon exemple. Ceux-ci, en effet, proviennent actuellement de l’altération des granites du massif alpin et des grès vosgiens, ces granites et ces grès étant nés jadis de débris de roches venus d’ailleurs.
Les sables qui sont actuellement charriés, vont se déposer en mer du Nord où ils constituent un nouveaux bassin de sédimentation qui finira par s’indurer et le cycle se répétera … à l’échelle des temps géologiques. Ce sable est illustré à l’image 7.

 

Image 7 : Grains de sable grossis x 15  Photo et coll. Ph. Thiran

 

 

 

Sources bibliographiques :

  • Le Sable, secrets et beauté d’un monde minéral, par J.Ayer, M.Bonifazi et J.Lapaire, Museum de Neuchâtel, 2002.
  • Articles sur les roches, par Robert SIx, bulletins du Groupe d’Etudes des Sciences de la Terre, 2014.
  • Dictionnaire de géologie, de A. Foucault et J-F Raoult, 7° éd. Dunod, 2010.

 

La minéralogie comme la volcanologie sont des sciences qui évoluent avec le temps au fur et à mesure de l’avancée de la recherche et des connaissances. Ce qui est vrai à un instant T peut être remis en cause le lendemain.

Philippe Thiran, l’auteur de ce post, se tient à disposition de ceux qui voudraient échanger à propos des notions géologiques présentées. Vous pouvez nous contacter pour avoir ses coordonnées personnelles.

 

Décollage de la fusée Soyuz ce matin depuis Baïkonour au Kazakhstan.

Découvrez le décollage à 1:05.

https://www.youtube.com/watch?v=erfXf08tuFg

Prochain départ pour ce séjour automne 2020, accompagnés par le volcanologue Jacques-Marie Bardintzeff et Sylvain Chermette. Contactez-nous pour mettre une option.

https://80joursvoyages.com/tours/mer-daral-et-decollage-du-soyuz-a-baikonour-avec-j-m-bardintzeff/

Bolivie, J-M BARDINTZEFF & S CHERMETTE – 2016

Le volcanologue Jacques-Marie BARDINTZEFF a récemment rédigé un article « Au-dessous des volcans » publié dans la revue Reliefs n° 5. Pour en parler il est invité le jeudi 22 juin à partir de 19 h à la librairie “L’usage du Monde”, 32 rue de La Jonquière, Paris 17e. L’entrée est libre.

Cette rencontre animée par Camille Juzeau permettra au public d’échanger des moments agréables et conviviaux à propos des volcans avec le volcanologue.

Pour mémoire, Jacques-Marie BARDINTZEFF est présent plusieurs fois par an sur certains de nos voyages sur les volcans ou à caractère géologique pour apporter son expertise scientifique et partager sa passion.

N’hésitez pas à retrouver les voyages avec Jacques-Marie Bardintzeff sur notre site web 80 Jours Voyages

Olivier Grunewald, photographe et documentaliste nous a fait l’immense honneur de nous mentionner lors de l’émission “Terminal F, le magazine des voyages : A la découverte de l’Ethiopie.”. Cette émission aborde la découverte de ce pays fascinant mais également du lac de lave Erta Ale. C’est un grand merci que nous adressons à Olivier pour cette mention adressée à tous ceux qui souhaitent visiter l’Ethiopie et découvrir le Danakil, le Dallol et l’Erta Ale en toute sécurité.

http://video.lefigaro.fr/figaro/video/terminal-f-le-magazine-des-voyages-a-la-decouverte-de-l-ethiopie/5406655133001/

Découvrez cette émission grâce au lien ci-dessus.

 

Comme chaque année, Yellowstone fait la une de quelques tabloïds en recherche de buzz ! Même quand rien ne s’y passe, il suffit d’une nouvelle source chaude comme il y en a des milliers pour que certains agitent à nouveau le spectre d’une “super éruption” dévastatrice qui serait presque imminente !

Qu’on se le dise, RAS à Yellowstone !

Pour ceux qui veulent quand même lire ce qui fait le buzz sans raison : http://buzzfil.net/m/show-art/selon-les-scientifiques-le-super-volcan-yellowstone-pourrait-etre-proche-de-l-eruption-12.html

Si vous souhaitez découvrir Yellowstone, nos prochains voyages avec la géologues Sandrine Brigault sont prévus pour l’Hiver 2015-2016 et l’Eté 2016. Contactez nous pour tout renseignement.

Voici les dates des prochaines conférences données par Jacques-Marie Bardintzeff  :

le mardi 24 fevrier, 20h30, CDMP, Maison de l’Habitant, Avenue des îles de mars, 38800 Le Pont-de-Claix
“Volcans d’Islande et d’ailleurs”
renseignements : lilianebarontini@yahoo.fr

le Jeudi 26 mars 2015, 14h30, 28130 Saint-Piat (à 5,5 km au sud de Maintenon)
“Les volcans d’Afrique”
Renseignements : danor11@sfr.fr

le Vendredi 10 avril, 19h, 91200 Athis-Mons
“Vocation volcanologue”
Renseignements : Mylene.GENAH-BRETON@adp.fr

le Vendredi 22 mai, 03000 Avermes (près Moulins) Salle Isléa
Renseignements : itomasi@mairieavermes.fr

Jacques-Marie est présent comme expert scientifique lors de certains de nos voyages. Le prochain séjour avec Jacques-Marie sera sur les volcans du Pérou cet été.

Pour mémoire, J.M. Bardintzeff est Professeur à l’Université de Cergy-Pontoise et à l’Université Paris-Sud Orsay, UMR CNRS 8148 GEOPS. Il est l’un des plus grands spécialistes des volcans actifs et des dynamismes éruptifs.

Il est actuellement “la référence française” en matière de volcanologie, mais son sens de la pédagogie lui permet de s’adapter à son public et de mettre à la portée de tous des phénomènes volcaniques complexes. Qualité que l’on retrouve à travers ses nombreuses interventions dans les média (France Inter, France Info, France télévision, M6, TF1, etc.), ses conférences et ses nombreux ouvrages.

 

 

Retournement cette semaine dans l’affaire du séimse de l’Aquila, en Italie. Le 6 avril 2009, suite au tremblement de terre qui avait fait plus de 300 victimes, sept scientifiques italiens avaient été condamnés en première instance à 6 ans de prison pour avoir sous-estimé les risques. Ils s’étaient en effet réunis à l’Aquila six jours avant l’événement, mais n’avaient pas alerté la population sur l’ampleur des risques.

C’est une équipe de chercheurs australiens et indonésiens qui a pu dater douze pochoirs et deux dessins vieux d’environ 40 000 sur l’île de Sulawesi, en Indonésie. L’endroit avait été découvert dans les années 50, mais jusqu’à présent, les scientifiques estimaient que le climat tropical avait dû altérer des peintures très anciennes et supposaient donc celles-ci beaucoup plus récentes.

Le Parlement indonésien a voté il y a quelques jours une loi attendue depuis longtemps. Elle va permettre le développement de l’énergie géothermique et la mise en valeur de l’énergie qui se cache sous les quelque 130 volcans actifs de l’archipel. On estime que l’Indonésie détient environ 40 pour cent du potentiel géothermique de la planète mais qu’elle ne produit qu’une infime fraction de son énergie en convertissant la chaleur du sol en électricité. Le pays se situe loin derrière d’autres nations comme les Etats-Unis ou les Philippines.

La lenteur administrative et les tracasseries juridiques ont longtemps freiné l’industrie géothermique en Indonésie et empêché les investissements indispensables. Le gouvernement espère que la nouvelle loi permettra d’accélérer le développement de ce secteur. Elle stipule – c’est le point le plus important – que l’exploration de l’énergie géothermique et le développement des centrales ne sont plus considérés comme une exploitation minière. Ils étaient considérés en tant que tel auparavant de sorte que l’industrie ne pouvait guère s’engager dans des régions indonésiennes où la forêt est protégée et où il y a un fort potentiel géothermique, mais où l’exploitation minière est illégale.

On estime que l’Indonésie a un potentiel géothermique de plus de 28 000 mégawatts mais elle produit actuellement seulement un peu plus de 1300 MW de son électricité à partir d’une source d’énergie propre. La plus grande partie de son électricité provient du charbon et du pétrole.

Le coût élevé de la géothermie a longtemps été l’un des principaux obstacles à son développement. En effet, une centrale géothermique coûte environ deux fois plus qu’une centrale électrique au charbon et peut nécessiter de nombreuses années de recherche et de développement avant d’être opérationnelle. Mais une fois mises en place, les centrales géothermiques comme celle construite à Kamojang sur l’île de Java dans les années 1980 peuvent convertir la chaleur volcanique en électricité à un coût beaucoup plus bas – et avec moins de pollution – que le charbon.

Avec l’énergie géothermique, l’Indonésie devrait normalement réduire d’ici 2020 les émissions de gaz à effet de serre de 26 pour cent par rapport aux niveaux de 2005. L’Indonésie est le troisième plus grand émetteur de gaz à effet de serre dans le monde en raison de son utilisation de combustibles polluants pour produire de l’électricité et à cause de la déforestation galopante.

Source : Claude Granpey, la passion des volcans

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