Les lahars, un risque volcanique majeur ! Par Philippe Thiran

Mot emprunté directement du javanais pour désigner une coulée de boue dont les matériaux de toutes tailles sont d’origine volcanique, coulée qui détruit tout sur son passage. Ce terme a été popularisé en géologie lors de l’étude des volcans d’Indonésie.

Un lahar se forme à partir de dépôts de matériaux volcaniques de toutes tailles qui se sont accumulés et qui ne se sont pas consolidés sur les flancs de volcans situés dans les régions du monde qui sont sujettes à de fortes pluies. Un lahar peut aussi être généré par la fonte soudaine de dépôts de neige et de glace sur le sommet et sur les flancs supérieurs d’un volcan lors d’une éruption de celui-ci. Leurs effets destructeurs sont souvent supérieurs à ceux de l’éruption elle-même. De plus, un même volcan peut engendrer des lahars pendant plusieurs années.

Les volcans à l’origine des lahars se situent dans la zone tropicale, c.-à-d. la zone du globe terrestre qui s’étend entre le tropique du Cancer et celui du Capricorne. Cette zone est soumise annuellement à une saison de pluies abondantes en alternance avec une saison sèche.

Parmi les nombreux phénomènes associés au volcanisme, les lahars figurent parmi les plus dangereux et les plus meurtriers. Pourtant, ils sont souvent moins connus du grand public que les coulées de lave ou les nuées ardentes. Un lahar est une coulée de boue composée d’eau et de matériaux volcaniques de toutes tailles, depuis les cendres jusqu’aux blocs de plusieurs mètres de diamètre. En raison de leur mobilité et de leur puissance destructrice, les lahars représentent un risque majeur pour les populations vivant à proximité des volcans et surtout proches des lits de rivières.

En effet, contrairement aux coulées de lave, dont la progression est généralement limitée, les lahars peuvent parcourir de très grandes distances en empruntant les vallées et les cours d’eau. Certains ont ainsi atteint des localités situées à plusieurs dizaines de kilomètres de leur volcan d’origine. Leur vitesse peut être élevée, notamment sur les fortes pentes, réduisant considérablement le temps disponible pour alerter et évacuer les populations menacées.

L’un des aspects les plus redoutables des lahars est qu’ils ne se produisent pas nécessairement pendant une éruption. Dans les régions tropicales soumises à de fortes précipitations, de simples pluies abondantes peuvent remobiliser les dépôts volcaniques accumulés sur les pentes d’un volcan. Ainsi, un volcan peut continuer à générer des lahars pendant plusieurs années après la fin d’une éruption importante.

Quelques volcans sont très connus pour la fréquence de leurs lahars et parfois pour les conséquences destructrices de ces derniers :

  • le Pinatubo sur l’île de Luçon des Philippines, qui après son éruption en 1991, engendra plus d’une quinzaine de lahars.
  • le Merapi, appelé aussi la forge de Java, laquelle est enfouie sous la montagne et sur laquelle travaillaient deux frères forgerons devenus les rois du monde invisible du Merapi.
  • le Nevado del Ruiz, en Colombie, volcan qui culmine à 5 389 et dont le sommet est recouvert d’une calotte glacière.

Ce dernier est sans doute l’un des meilleurs exemples des tragédies que peuvent engendrer les lahars. Mi-novembre 1985, tandis que de fortes pluies s’abattent sur la région, une colonne de ponces et de cendres incandescentes jaillit du cratère. Des nuées ardentes déferlent ensuite sur le glacier sommital dont une partie fond immédiatement. Il s’ensuit qu’une énorme quantité d’eau se précipite dans les vallées au pied du volcan, érodant les berges et emportant des débris de toutes formes. Cette masse détruisit d’abord la centrale électrique de la ville d’Armero, située à 48 km du volcan, ce qui plongea la ville dans l’obscurité, et la plus grande partie des habitants périt noyée, soit 23 000 morts et disparus.

Écouter l’émission de Radio France « 1985, l’agonie d’Omayra Sanchez, l’enfant-martyr d’Armero »

  • le Ruapehu, en Nouvelle-Zélande, et le triste Noël 1953 où un pont ferroviaire fut emporté peu avant le passage d’un train express à destination de la capitale avec 285 voyageurs dont plus de la moitié perdirent la vie. L’endroit de cette catastrophe s’appelle Tangiwai qui, en maori, signifie « les eaux qui pleurent ».

Voir notre voyage en Nouvelle-Zélande avec Patrick Marcel

Sources et références :

  • Dictionnaire de Géologie par A. Foucault et J.-F. Raoult, Dunod, 7° édition, 2010 ;
  • Volcanologie par Jacques-Marie Bardintzeff, Dunod, 6° édition, 2021 ;
  • Volcanology, Process, Deposits, Geology & Resources par Ray Cas, Guido Giordano & John V. Wright, Springer, 1° édition, 2024.

Qu’est ce qu’un Maar ? – Par Philippe Thiran

Ce terme provient du dialecte parlé dans l’Eifel, région de l’Allemagne de l’Ouest, pour désigner des lacs de cratère peu profonds.

Le Maar est un cratère né de l’interaction entre un magma ascendant et une nappe phréatique ou un sous-sol gorgé d’eau.

Lorsque le magma entre en contact avec la zone aquifère, la vaporisation instantanée de l’eau crée une surpression colossale qui engendre une violente explosion.

Cette explosion projette dans l’atmosphère un mélange de vapeur, de tephras et de fragments de l’encaissant. Elle engendre un cratère dit d’explosion, en forme de cuvette, large de quelques dizaines à quelques centaines de m. Ce cratère est entouré d’un petit mur, constitué de fins débris provenant de l’explosion.

Stricto sensu, un maar est donc un cratère phréatomagmatique.

Ulmener Maar, Eifel, Allemagne

 

En Europe occidentale, on rencontre des maars en Allemagne, dans la partie occidentale de l’Eifel, qui en compte environ 75, le plus récent étant l’Ulmener maar, proche de la ville d’Ulmen, à l’est de la région volcanique, l’Eifel occidentale.

 

Lac Pavin - Maar
Lac Pavin – Maar

En France, par exemple,  le lac Pavin dans le département du Puy-de-Dôme, le lac du Bouchet, en Haute-Loire, le lac d’Issarles en Ardèche, ou le lac Dzala, sur l’île de Petite-Terre à Mayotte sont des Maar.

Au fil du temps, les cratères se remplissent souvent d’eau. Les plus anciens se sont envasés ou asséchés.

C’est le cas dans l’Eifel, pour le Eckfelder maar, le plus ancien de la région, est devenu aujourd’hui un site archéologique où fut découvert le squelette d’un petit cheval de 50 cm de haut.

Dans l’Eifel également, le plus récent est l’Ulmener maar, datant d’il y a env. 10 mio d’années, .

En France, le lac d’Issarles d’une profondeur de 138 m est le second lac le plus profond de France, après le lac du Bourget 145 m.

Une légende raconte que ce lac recouvrirait une ville qui fut submergée à cause de son impiété. L’image d’une femme, témoin de ce cataclysme, se refléterait dans le fond du lac, à côté du rocher de la Chèvre.

Des maars sont présents dans toutes les régions volcaniques du Monde. Illustration en Tanzanie avec le Maar de Shimo la Mungu et le volcan Ol Doinyo Lengaï  en arrière plan à droite.

Découvrez nos voyages sur les volcans de Tanzanie

Sources et références :

Dictionnaire de géologie par A. Foucault et J.-F. Raoult, Dunod 7° édition, 2010,
Volcanologie par Jacques-Marie Bardintzeff, Dunod 6° édition 2021,
Volcanology, process, deposits, geology & resources par Ray Cas, Guido Giordano & John V. Wright, Springer 1° édition 2024.

Qu’est ce qu’une Caldeira (ou Caldera) ?

Par Philppe THIRAN

Il s’agit d’un mot espagnol ou portugais qui désigne un chaudron.

En français, ce terme est utilisé pour désigner un cratère géant à contour circulaire ou elliptique de quelques km à quelques dizaines de km de diamètre et jusqu’à plusieurs centaines de mètres de profondeur.
Ce type de cratère est généralement à fond plat.

La caldeira résulte de l’effondrement de la partie centrale d’un volcan, dont la chambre magmatique sous-jacente a été en partie vidée par des éruptions.

Au fil du temps, des caldeiras peuvent se remplir des eaux de pluie et finir par se présenter comme un lac.
Par exemple, la caldeira qui s’est formée suite à l’éruption en mars 1991 du volcan philippin, le Pinatubo (photo ci-dessus). Cette caldeira, d’un diamètre de 2,5 km, s’est progressivement remplie d’eau de pluie provenant principalement des typhons qui sévissent chaque année dans la région. Selon la fréquence et l’importance de ces précipitations, le niveau de ce lac varie.

D’autres ne sont pas sujettes à un tel remplissage d’eau, comme par exemple la caldeira de Tengger, sur l’île indonésienne de Java, qui est traversée chaque année par un pèlerinage mythique de la population locale.

Caldeira de Tengger Bromo & Batok
Caldeira de Tengger Bromo & Batok

Cette caldeira, à fond plat, s’étend sur une superficie d’un diamètre de 16 km et se situe à une profondeur variable de 150 à 200 m.
Dans son enceinte, s’élèvent plusieurs cônes volcaniques dont le Batok et le Bromo, ce dernier étant toujours en activité.

Malgré celle-ci, le Bromo est vénéré une fois par an par la population locale, un groupe d’agriculteurs — les Tengger — dont les femmes étaient stériles. Lorsqu’elles purent enfanter, elles vinrent chaque année remercier le dieu Brahma, habitant dans une grotte contre le volcan, auteur de ce petit miracle.
C’est ainsi que chaque année, durant la pleine lune du mois de juillet, une délégation des Tengger vient en pèlerinage lui apporter de la nourriture en la précipitant dans le cratère du Bromo, rendu accessible par un escalier.

Sources et références :

Volcanologie, par Jacques-Marie Bardintzeff, Dunod 6° édition 2021,
Chroniques d’Éruptions, par D. Decobecq et Cl. Granpey, Omniscience 2022,
Guide encyclopédique des volcans, par Patrick Barois, Delachaux et Niestlé, 2004.
Légendes de la Terre, par Charles Frankel, Dunod Poche 2026.

Guerre au Moyen-Orient : Les conséquences sur vos voyages

Avant d’évoquer les impacts logistiques et économiques de la guerre sur notre activité et vos voyages, je souhaite exprimer ma sympathie envers ceux qui sont les victimes de cette guerre.

Je pense en particulier aux hommes et encore plus aux femmes d’Iran qui, après avoir été persécutés, doivent maintenant faire face aux bombardements. Ma sympathie se porte aussi sur les Gazaouis et les Cisjordaniens qui, eux aussi, luttent chaque jour pour leur survie. Je n’oublie pas le peuple libanais qui n’a rien demandé et n’aspire qu’à vivre en paix dans son pays. J’exprime aussi mon empathie envers la très grande majorité des Israéliens, victimes d’une guerre qu’ils n’ont pas choisie et qui souhaitent vivre en paix avec leurs voisins.

Concernant nos voyages, il ne vous aura pas échappé que cette guerre a eu des impacts sur notre activité en mettant à mal le secteur aérien du Moyen-Orient. Cela nous a obligé à procéder à des ajustements dans l’organisation de nos voyages.

Dès le début du conflit, nous avons repositionné sur d’autres compagnies la totalité de nos clients qui transitaient par le Moyen-Orient. Nous avons veillé à ce que nos prestataires (véhicules, bateaux, etc.) aient fait des stocks de carburant pour être en mesure de faire face aux pénuries.

Ainsi, tous nos voyages ont été maintenus et ont été opérés sans encombre.

80 Jours Voyages a pris en charge la totalité des coûts et aucun client n’a eu à payer de supplément.

En dépit des différences tarifaires, nous avons choisi de ne plus utiliser les compagnies du Golfe tant que la situation géopolitique n’est pas réellement assainie et qu’il reste des doutes quant à la stabilité opérationnelle et sécuritaire des vols dans la région.

Lorsque vous êtes formellement inscrits à un voyage, le prix reste fixe sans majoration ultérieure. Aussi, afin d’éviter les ajustements tarifaires, nous vous invitons à vous inscrire dès à présent (et éventuellement souscrire à l’assurance annulation proposée).

Sylvain Chermette

Pour plus d’information : Nous contacter

Qu’est ce qu’un Blast ?  (par Philippe Thiran)

Blast : Mot anglais signifiant souffle ou explosion.
Ce terme est utilisé en français pour désigner une déferlante pyroclastique de forte intensité (sorte de souffle supersonique) dirigée latéralement.

Austin Post — Huge tif converted to jpeg and caption from USGS Mount St. Helens, Washington May 18, 1980 Eruption Images
Austin Post — Huge tif converted to jpeg and caption from USGS Mount St. Helens, Washington May 18, 1980 Eruption Images

Ce type d’explosion volcanique se produit lorsque du magma remonte en surface alors qu’un glissement de terrain affecte tout un flanc du volcan. Les gaz contenus dans le magma se détendent alors brutalement, provoquant un souffle d’une extrême violence détruisant tout sur son passage.

L’exemple type d’un blast est donné par l’explosion, en mai 1980, du Mont Saint Helens, situé aux États-Unis dans l’État de Washington.

Cette explosion détruisit une surface de 600 km² disposée en forme d’éventail, d’un angle supérieur à 180°, sur une distance de 25 km. Cette distance fut parcourue en moins de 30 s.

Dans le cas présent, ce souffle supersonique, d’une vitesse comprise entre 100 et 250 m/s, coucha tous les troncs d’arbres sur son passage.

La région étant peu peuplée, il n’y eut que 57 victimes.

Sources et références :

  • Dictionnaire de Géologie, A. Foucault et J.-F. Raoult, Dunod, 2010.
  • Chroniques d’éruptions, D. Decobecq et Cl. Granpey, Omnisciences, 2022.

En savoir plus sur l’éruption du Mont Saint Helens en 1980 : Article de Nathalie Pajon-Perrault pour l’Institut Français de l’Éducation

Pourquoi nous ne vous proposons pas un départ spécial « Éruption Express » pour aller observer l’éruption du Piton de la Fournaise à la Réunion.

MISE A JOUR : Comme nous l’anticipions il y a quelques jours dans cet article, l’éruption a pris fin le 25 mars

J’ai partagé cette semaine des images de l’éruption réalisées par mon ami le volcanologue Ludovic Leduc (Objectif Volcans / 80 Jours Voyages) que certains parmi vous connaissent bien pour l’avoir eu comme guide sur certains de nos voyages. Ainsi, vous êtes plusieurs à m’avoir contacté pour savoir si je prévoyais un départ express pour aller assister à l’éruption en cours du Piton de la Fournaise.

Lorsque l’éruption a débuté le 13 février 2026 peu après 10 h (heure locale), les autorités ont comme toujours interdit l’accès à l’enclos (cratère). À ce moment-là, l’accès à l’éruption n’était pas possible de façon légale avec un groupe.

Lorsque les coulées ont commencé à descendre les pentes pour atteindre la route puis l’océan, la préfecture a tardé à réagir et il y a eu quelques belles opportunités d’accéder aux coulées et profiter du spectacle extraordinaire de l’arrivée de la lave dans l’océan. La lave a traversé la RN2 le 13 mars, et a atteint l’océan le 16 mars. C’est à ce moment-là que Ludovic Leduc, grand connaisseur de l’île, s’est rendu sur place.

Devant ce spectacle, et du fait que l’accès était peu réglementé, nous avons réfléchi à organiser un départ mais…

  • Depuis 6 à 8 jours, l’édifice est en déflation (stabilisée maintenant) avec une augmentation de la sismicité il y a 4 ou 5 jours interprétée comme un réajustement du champ de contraintes en réponse à la dépressurisation du réservoir.
  • Depuis 48 h, les débits de lave estimés grâce aux données satellitaires ont été divisés par deux.
  • Au niveau du cône, les fontaines de lave sont terminées. Peu de projections sont visibles au niveau du cône éruptif mais le dégazage est toujours bien actif.
  • Le trémor a brutalement diminué avant de se stabiliser.

Aujourd’hui, seule la coulée principale sud est encore alimentée et continue d’alimenter une plateforme à l’océan, dont l’activité est désormais majoritairement en tunnel.
La sismicité et la déflation superficielle montrent un net ralentissement. La déflation à la base du cône terminal et de part et d’autre de l’enclos Fouqué se poursuit.
Le trémor éruptif (indicateur du flux de lave et de gaz) s’est stabilisé après une brusque diminution.

L’ensemble des interprétations de ces données suggère une diminution de l’activité éruptive.

Nous sommes trop honnêtes pour vous proposer un départ sans vous dire que les signaux plaident en faveur d’une fin d’éruption et j’estime que le risque de « rentrer bredouille » est trop important pour vous proposer un départ.

Il reste que le Piton de la Fournaise est parfois spécialiste des changements de dynamisme brutaux et inattendus… il peut me donner tort ! Seul l’avenir nous le dira…

J’en profite pour vous rappeler que Ludovic est l’auteur du live référence sur le Piton de la Fournaise  » Les secrets de la Fournaise »

Le tri des grains de sable par la mer  – par Philippe Thiran

Trois facteurs sont à prendre en compte pour comprendre le tri des grains de sable par la mer

Green Sand Beach - Big Island - Hawai
Green Sand Beach – Big Island – Hawai
  • le cycle des marées,

  • les apports de minéraux par les cours d’eau dans la mer,

  • l’érosion des roches locales.

Le cycle des marées est fondamentalement lié aux variations de l’attraction lunaire, lesquelles dépendent de la distance entre la Terre et la Lune.
La Lune tourne autour de la Terre selon une trajectoire elliptique proche du cercle parfait. En valeur absolue, les variations de distance Terre–Lune sont faibles, mais suffisantes pour provoquer les variations d’amplitude des marées que nous connaissons.

L’érosion des roches par les agents atmosphériques détache les minéraux constitutifs de chaque roche, lesquels sont entraînés par les cours d’eau jusque dans les mers.

Les minéraux que la mer va rejeter sur les plages dépendent donc de la nature des roches érodées.

Ainsi, l’île de Groix, à l’ouest de la Bretagne, est célèbre pour ses plages rouges lors des grandes marées, grâce à l’apport de grenats que l’érosion a détachés des schistes mères et qui se sont déposés sur le fond marin.

Un phénomène similaire est à l’origine des plages vertes de l’île de Big Island, dans l’archipel d’Hawaï. Les roches de cet archipel sont d’origine volcanique, dont le minéral principal est l’olivine.
Les courants marins ont vraisemblablement concentré les olivines aux abords de cette île, et le jeu des marées s’est déroulé comme à l’île de Groix, entraînant l’apparition de plages vertes.

Photo de la plage « verte » (Green Sand Beach – Big Island – Hawaï) , photo de Philippe Thiran.

(toutes les photos ont été prises sur place lors de notre séjour d’observation de l’éruption du Kilauea)

Voir nos séjours à Hawaï

Visionnaire infatigable, Guy DE SAINT-CYR a su faire de sa passion pour les volcans un véritable chemin de vie, inspirant des générations de volcanophiles et de curieux du monde entier. À travers ses expéditions aux quatre coins du globe, il a ouvert des routes vers chaque volcan actif, même les plus inaccessibles, toujours guidé par l’émerveillement, la beauté et l’adrénaline.

Guy, premier de cordée du tourisme volcanique, a gravé des souvenirs pour tous ceux qu’il a accompagnés au bord des cratères et a fait naître de nombreuses vocations.

La liquidation judiciaire de l’agence* dont il était avec Monique, sa femme, l’un des fondateurs, ne signe pas la fin de sa passion pour les volcans. Guy continue en effet d’arpenter régulièrement les cratères en activité de la planète, au gré des éruptions accessibles, pour son plaisir personnel.

Forts d’une amitié et d’une passion communes pour les volcans en éruption, Guy et Sylvain ont tout naturellement décidé de collaborer et de faire le lien entre deux générations de passionnés.

Un voyage avec leur présence conjointe est confirmé pour bivouaquer 3 nuits au sommet de l’Ol Doinyo Lengaï en Tanzanie en juin 2026. (Dernières places)

*Créée en 1983, l’agence a ensuite été placée en liquidation judiciaire en janvier 2025. Elle a été reprise en Juillet 2025 par la société Les Compagnies du Voyage auprès du Tribunal de Commerce de Lyon. Guy ne fait pas partie de la nouvelle équipe.

 

Ol Doinyo Lengaï en hélicoptère

Ol Doinyo Lengaï en trek

Pour les curieux, le magazine GEO a publié un article de Bernadette Gilbertas et Olivier Grunewald lors d’une expédition au Lengaï en juin 2024.

Surveillance des volcans : Déformations de l’écorce terrestre par Philippe THIRAN

Un article précédent a décrit comment la sismologie (étude des tremblements de terre) et son appareil de mesure – le sismographe – permettent de prédire une manifestation volcanique, avec une quasi-certitude à brève échéance.

L’étude des déformations de l’écorce terrestre en est une autre. Elle fait partie de la géodésie terrestre, science qui s’occupe de la forme et des dimensions de la Terre.
Celle-ci a pris de l’importance lorsque les scientifiques se sont rendu compte que ces déformations permettent de prévoir des catastrophes majeures affectant notre planète, comme un glissement de terrain dans des zones habitées ou celles résultant d’éruptions volcaniques.

Généralement, une montée du magma se traduit par un soulèvement de l’écorce terrestre, et l’effondrement d’un cratère par un affaissement du sol. Un exemple est détaillé dans la note 1.

La mesure de ces mouvements a fait l’objet, au cours des siècles, de méthodologies de plus en plus complexes, utilisant des appareils de plus en plus sophistiqués.
Des mesures angulaires à l’alidade (réglette mobile équipée d’un système de visée) et de distances au nombre de tours de roue d’un char, on est passé au tachéomètre, c’est-à-dire un théodolite pour la mesure des angles, doté d’un distancemètre, instrument électronique pour la mesure des distances.
Cet appareil est encore actuellement utilisé par les géomètres pour un lever de terrain.

Mais les méthodes terrestres sont difficiles d’utilisation et leur précision peu satisfaisante à cause des variations des conditions météorologiques et de la forme conique des volcans. Ce qui a justifié le recours à la géodésie spatiale. Celle-ci fait usage de méthodes de mesure plus précises et plus pratiques d’emploi, telles que le Global Positioning System, en abrégé GPS.

Celui-ci est un système de navigation par repérage du temps et par des mesures de distance, utilisant des signaux émis par un réseau de satellites destinés à cet usage.
Il devient dès lors possible de mesurer les positions relatives de plusieurs récepteurs avec des précisions de l’ordre du centimètre, et ce à plusieurs centaines de kilomètres de distance, en tout temps.

Ces signaux sont captés par un récepteur dont le plus connu, et sans doute le plus utilisé, est l’appareil GPS, qui équipe maintenant les véhicules automobiles (voir note 2).

Ce système ponctuel est maintenant dépassé par une technique de cartographie de la déformation du sol à l’aide d’images radar de la surface de la Terre, recueillies par plusieurs satellites en orbite.
En comparant deux images radar d’une même zone, à des moments différents, depuis des points d’observation similaires de l’espace (les satellites mentionnés ci-dessus), il devient possible d’apercevoir un éventuel déplacement vers le haut ou vers le bas de la surface du sol, et d’obtenir une carte de la déformation du sol sur une zone terrestre étendue avec une précision centimétrique.
Ce système de surveillance est notamment appliqué à la trilogie de volcans glaciaires – The Three Sisters – situés dans la chaîne montagneuse des Cascades, dans l’État d’Oregon (États-Unis). Une éruption de l’un de ceux-ci risque, en effet, de déclencher des lahars dévastateurs.

Note 1 :Le Krafla, volcan islandais, connut une dizaine d’éruptions entre 1976 et 1982.
Chacune de celles-ci fut précédée d’un gonflement progressif du sol, suivi d’un affaissement rapide une fois l’éruption arrêtée.

Note 2 : Le système GPS a été mis au point par les États-Unis pour des localisations militaires en coordonnées absolues (à 10 mètres près) en temps réel.
L’Union européenne termine la mise en orbite des satellites nécessaires à la mise en service de son propre système de navigation, appelé Galileo.

Bibliographie :

  • Volcanologie, cours de licence, 6e édition, par Jacques-Marie Bardintzeff
  • Site web de la société Volcano Active Foundation

Photo : interférogramme du système de surveillance InSAR