Professeur d’anglais à la retraite, Claude Grandpey focalise aujourd’hui son attention sur ses deux passions, la volcanologie et la lutte contre le réchauffement climatique. Il est aussi président d’honneur de L’Association Volcanologique Européenne LAVE. Mémoires volcaniques ; Terres de feu, Voyages dans le monde des volcans ; Volcanecdotes ; Glaciers en Péril ; Dans les pas de l’ours sont quelques-uns de ses ouvrages. Volcans et Glaciers est également un blog sur l’actualité volcanique et pédagogique. Claude Grandpey propose également des conférences aussi bien pour promouvoir les connaissances autour de la volcanologie que pour expliquer la problématique du réchauffement climatique.

Couleurs automnales de la toundra
Crédit : Claude Grandpey

 

  • Comment passe-t-on de l’anglais à la volcanologie/climatologie, c’est inhabituel comme parcours?

Ce n’est pas si inhabituel que cela quand on songe que l’anglais est la langue scientifique. Elle ne suffit pas toutefois pour s’ouvrir les portes; j’ai la chance de parler couramment italien et assez bien allemand et espagnol, ce qui permet de se faire comprendre et de s’ouvrir des portes dans pas mal d’endroits. J’ai eu aussi l’immense chance de rencontrer Haroun Tazieff avec lequel j’ai gardé des relations relativement étroites jusqu’à sa mort. Il m’a ouvert pas mal de portes, en Italie surtout.

 

  • Quelle est votre mission au sein de LAVE?

Ma mission est de gérer le service Infolave. Je diffuse chaque semaine un bilan de l’activité volcanique dans le monde. La fréquence de diffusion est plus grande quand un volcan entre en éruption.

 

  • Vous avez eu l’occasion de participer à des expéditions scientifiques. Qu’en avez-vous retiré?

J’ai eu effectivement l’occasion de collaborer avec des observatoires comme celui des volcans d’Hawaii ou celui de Yellowstone. Étant prof d’anglais, je ne suis pas un scientifique diplômé, mais ma pratique de l’anglais et de l’italien et une bonne dose de diplomatie (c’est le plus important) m’ont permis de gagner la confiance de plusieurs organismes scientifiques. Il est toujours gratifiant d’être au contact de scientifiques, d’être conseillé dans l’utilisation du matériel. Peut-être le plus important, on a l’autorisation de pénétrer dans des zones autrement interdites.

 

Grand Prismatic à Yellowstone
Crédit : Claude Grandpey

 

Gerbe de lave à Hawaii
Crédit : Clade Grandpey

 

  • Vos livres sont sur la thématique de la géologie (Glaciers en Péril, Mémoires Volcaniques…) et pourtant votre dernière publication est centrée sur l’ours. Pourquoi ce choix?

J’aime beaucoup l’ours, peut-être parce qu’il correspond un peu à mon tempérament. Et puis, lors de plusieurs voyages en Alaska, j’ai eu l’occasion de l’approcher et de l’observer longuement. Contrairement à certains, je ne me focalise pas à 100% sur les volcans. A mon avis, c’est un grave défaut d’avoir des œillères. Par exemple, en Alaska, on peut observer des volcans comme le Redoubt ou l’Augustine, mais ce serait une erreur de négliger les glaciers, la toundra et toute la faune qui y vit.

Ours et saumon en Alaska
Crédit : Claude Grandpey

 

  • Depuis longtemps vous vous battez contre le réchauffement climatique en contribuant à une meilleure information sur ce sujet (et à lutter contre la désinformation). Or, ce thème très présent dans l’actualité n’évolue que très doucement dans les décisions et les actes, est-ce-que ce n’est pas parfois décourageant ?

Je ne le pense pas. En septembre dernier, j’étais au chevet des glaciers alpins qui fondent vite, mais pas aussi vite que les glaciers et la banquise arctiques. Je suis un privilégié d’avoir pu observer ces deux mondes. Mon rôle est de faire savoir ce qui se passe dans les hautes latitudes. Ce n’est qu’à force de répétition que le clou finira par entrer. Je suis Creusois et le Creusois est têtu; je ne lâcherai pas le morceau de sitôt. Et puis, les événements climatiques extrêmes qui se préparent, l’apparition de virus avec le dégel du permafrost, feront vite prendre conscience de la gravité du réchauffement climatique.

 

  • Envisagez-vous d’écrire un autre livre? Avez-vous des actualités, des conférences etc… ?

Rien de prévu pour le moment et la crise sanitaire avec les librairies fermées, les salons annulés n’encouragent guère dans cette voie. Mais l’inspiration est parfois très rapide chez moi! Je devais faire des conférences dans les prochaines semaines et en 2021, mais je ne suis pas très optimiste. Nous ne sommes pas près de sortir de cette ornière.

 

Découvrez le site internet :

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Crédit photo : Laurent Perrier

Ludovic Leduc est un volcanologue indépendant et médiateur scientifique. Avec Alex Molle, un ami passionné de volcans comme lui, ils forment l’équipe d’Objectif Volcans dont la page facebook éponyme reflète leur volonté : apporter des connaissances scientifiques et adaptées autour des volcans, derrière un suivi de l’actualité volcanique mondiale. Le Piton de la Fournaise y est mis en avant, car Ludovic y a vécu quelques années et ce volcan est le sujet de ses premiers projets professionnels. Mais s’il reste très attaché à cette île, il cherche aujourd’hui à élargir ses horizons…

Crédit : HTA Photographie

  • Comment est né votre intérêt pour les volcans?

À l’âge de mes sept ans, j’ai participé à une classe découverte en Auvergne. L’animateur nous a fait croire qu’en collant son oreille au fond du cratère du Puy de Pariou, nous pourrions entendre le magma… On s’est tous exécutés pour, ensuite, se persuader de l’avoir entendu, ce que je sais aujourd’hui faux, mais cela a éveillé en moi une passion qui ne m’a jamais quitté. J’ai commencé par collectionner des cailloux, puis j’ai lu et vu pas mal de livres et films sur le sujet. Maurice et Katia Krafft m’ont fait voyager et sont devenus de vrais modèles, tant pour leur liberté d’action et de pensée que pour cette envie de transmettre qui résonne aujourd’hui en moi.
Je n’étais toutefois pas l’excellent élève que ces longues études nécessitent. J’étais peut-être aussi effrayé devant le peu de débouchés proposés par cette voie. C’est d’abord un professeur de SVT qui m’a donné confiance en moi, puis mes parents qui m’ont donné le coup de pied au derrière dont j’avais besoin. Je me suis alors rendu compte de mes capacités et me suis nourri de tous ces enseignements jusqu’au Master de Clermont-Ferrand. Je ne suis pas allé plus loin, sans doute car je n’étais pas complètement en phase avec la recherche scientifique, sachant que ce n’était pas non plus tout à fait la meilleure manière, pour moi, de vivre cette passion pour les volcans…
Le choix d’aller vivre à La Réunion avec ma compagne a été la révélation. J’ai découvert une île merveilleuse, avec un volcan superbe et très actif. En plus des éruptions, je me suis découvert un goût pour la transmission des connaissances et me suis totalement engagé dans cette voie.

  • Quel lien particulier avez-vous avec le Piton de la Fournaise?

C’est mon premier volcan. Si j’ai pu en découvrir quelques-uns avant d’aller à La Réunion lors de mes études ou de voyages personnels, le Piton de la Fournaise est celui où j’ai vécu mes premières vraies émotions. J’ai eu la chance de vivre pleinement sept éruptions lors des trois ans où j’ai vécu sur cette île ! Ce sont des émotions immenses, personnelles d’abord car vécues comme un certain aboutissement, mais aussi partagées avec mes proches qui, enfin, pouvaient mieux comprendre cette passion…
C’est aussi sur ce volcan que j’ai acquis une certaine expérience de terrain. J’y ai développé mon regard de scientifique, à partir des bases apprises lors de mes études notamment, mais qui se sont tellement enrichies depuis. Cela a renforcé l’idée de ce que je voulais faire de ce métier : voyager, tout en continuant de s’enrichir de nouvelles connaissances.
Le Piton de la Fournaise, c’est aussi le volcan de mes premiers travaux. J’ai eu la chance de vivre une superbe éruption de deux mois qui a commencé le lendemain de la naissance de mon premier enfant. Ce fut un moment intense de ma vie, où j’alternais les allers-retours au volcan tous les trois jours et la découverte de la paternité… Les nombreuses images filmées lors de cette éruption m’ont permis de réaliser un film pédagogique dans lequel j’explique comment se déroulent habituellement les éruptions de ce volcan… J’en ai fait un DVD pour les touristes, mais aussi pour les professeurs de SVT au service de leurs élèves. Ce premier projet m’a donné envie de continuer dans cette voie de l’entreprenariat, avec cette volonté de diversifier les moyens pour faire passer le message…
J’ai ensuite développé des parcours pédagogiques sur le Piton de la Fournaise pour tenter de transmettre la manière dont se forment les paysages réunionnais. J’ai donc emmené quelques touristes au volcan puis, en rentrant en métropole, j’ai coordonné et écrit une partie du guide géologique de La Réunion pour que ces parcours pédagogiques demeurent, mais d’une autre manière…
Aujourd’hui, je vis à 10 000 km de la Fournaise. Pourtant, dès qu’il entre en éruption, j’ai cette même appréhension, cette même excitation que lorsque j’habitais là-bas… C’est viscéral, si bien que je ne peux m’empêcher de suivre l’éruption grâce à mes amis réunionnais, pour comprendre ce qu’il se passe et partager…

Crédit : Ludovic Leduc
  • Est-ce qu’il y a une éruption historique qui vous a vraiment marqué?

Je n’ai pas vécu d’éruption que l’on peut vraiment qualifier d’historique.
L’éruption qui commença juste après la naissance de mon premier fils fut quand même à l’origine d’un des plus gros cônes volcaniques de l’Enclos Fouqué, ce qui n’est pas rien. L’activité fut par moment vraiment impressionnante ! Cette éruption m’a aussi permis de découvrir l’ensemble des phénomènes éruptifs principaux de ce volcan, ce qui m’a donné l’idée de faire ce film pédagogique. Il y a aussi notre première éruption en 2014 avec ma femme : une petite éruption, plus charmante qu’impressionnante, mais le partage avec elle rendit le moment exceptionnel ! Je pense également à une éruption en 2015 sur laquelle on arriva 20 minutes seulement après le début avec un ami … Les fissures éruptives continuaient à s’ouvrir… magique ! L’année d’après, mon père a fait du pain sur des coulées à peine solidifiée… Ce fut un autre moment d’exception, de nos deux passions mélangées à quelques pas du cône en formation…
J’ai aussi eu la chance d’aller sur le Nyiragongo, un volcan au Congo qui héberge le plus grand lac de lave du monde… Un spectacle inoubliable ! Avec Alex, ce fut la découverte d’un volcan bien plus dangereux que la Fournaise mais pourtant bien moins surveillé alors qu’il menace près de 2 millions de personnes… Cette prise de conscience nous a donné envie de nous investir pour aider l’Observatoire volcanologique de Goma. Monter des projets au Congo est difficile mais j’ai bon espoir que cela aboutisse un jour, peut-être en collaboration avec la Fondation Volcano Active, une jeune fondation qui a de grands objectifs pour améliorer la vie des 500 millions de personnes qui vivent à proximité d’un volcan actif.

Crédit : Ludovic Leduc
  • Un mot sur le guide que vous avez publié?

La Réunion est une île géologiquement très riche, avec un volcan très actif et une érosion démentielle en lien avec une pluviométrie parmi les plus importantes de la planète. Cela engendre des paysages spectaculaires qui attirent de nombreux touristes et que la géologie permet de comprendre…  C’est pour moi le meilleur endroit en France pour cela : il était donc important d’élargir la collection de ces guides géologiques à La Réunion ! J’ai pris le projet en main et ai fait le lien entre les trois autres auteurs et Omniscience, la maison d’édition. J’ai aussi et surtout écrit la partie sur le massif volcanique du Piton de la Fournaise qui représente 60% du livre environ…
Ce guide, c’est d’abord une histoire géologique complète qui permet de fixer les notions et moments clés depuis l’émergence de l’île, il y a plus de 3 millions d’années. C’est également dix randonnées détaillées pour voir… et comprendre ! De Mafate au Piton de la Fournaise en passant par la route des Laves ou la Plaine des Cafres, nous avons essayé de mêler pédagogie et belles iconographies pour réussir à vous faire prendre la mesure des phénomènes géologiques à l’œuvre sur cette belle île. C’est enfin sept fiches découvertes sur des sujets aussi variés que les orgues volcaniques, les climats extrêmes de l’île ou le fonctionnement de l’observatoire volcanologique…
Personnellement, ce livre m’a aussi permis de clôturer mon passage à La Réunion, en laissant un témoignage des richesses de cette île qui m’a profondément marqué.

 

Crédit : Ludovic Leduc
  • Quels sont vos projets à venir?

J’ai encore quelques projets à La Réunion, avec la Cité du Volcan notamment, qui est le musée dédié aux volcans et au Piton de la Fournaise. Je suis par exemple en train de finir d’écrire un livre pour ce musée sur le Piton de La Fournaise qui sera à la fois un accompagnement à la randonnée jusqu’au sommet de la Fournaise et un beau livre avec de belles illustrations ! Je suis également sur un autre projet de livre, pour les enfants cette fois, en collaboration avec la Fondation Volcano Active. C’est j’espère le début d’une collection qui visera à apporter des informations scientifiques et pédagogiques aux enfants qui habitent près des volcans actifs. Je pense en effet qu’il est essentiel de mieux éduquer et informer les enfants par rapport aux risques volcaniques, particulièrement ceux qui vivent à proximité de volcans actifs et dangereux…
J’interviens aussi dans les établissements scolaires et les centres culturels par le biais de conférences sur le sujet. Avec Alex, nous commençons aussi à organiser et accompagner des voyages sur les volcans actifs en partenariat avec 80 Jours Voyages car partager ses connaissances sur le terrain n’a rien de comparable… Deux sont fixés pour 2021 : les Açores et la Sicile, en espérant que le contexte sanitaire nous permette de partir ! Quoiqu’il en soit, ces voyages concordent avec mon envie insatiable de voyager, de voir des volcans et des éruptions…

Crédit : Ludovic Leduc

Contact :
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La chaîne youtube de Ludovic :
Youtube Ludovic Leduc

La bande-annonce qui présente son DVD :
Une éruption classique à la Réunion

Retrouvez son Guide géologique de La Réunion :
10 itineraires de randonnée

 

 

Jacques-Marie Bardintzeff, volcanologue, durant l’éruption du Fogo au Cap-Vert en janvier 2015, dans le cadre d’un « Eruption Express » de 80 Jours Voyages (© J.M. Bardintzeff).

 

Volcanologue français de renom, Jacques-Marie Bardintzeff retrace dans son dernier livre, sa vie de scientifique. A ses premières émotions minérales lors de promenades avec ses grands-parents dans la région grenobloise à son expédition scientifique en Terres australes et antarctiques françaises, Jacques-Marie transmet avec passion son intérêt pour les volcans et la science.

  • Vous avez débuté dans la volcanologie dans les années 70, la volcanologie était une discipline assez nouvelle? A ce titre vous considérez-vous comme un pionnier de la volcanologie moderne?

JMB : J’ai été recruté le 1er octobre 1977 comme assistant à l’Université Paris-Sud Orsay (aujourd’hui Université Paris-Saclay). À cette date, je suis alors devenu officiellement volcanologue professionnel, après plusieurs années d’études (Agrégation à l’École Normale Supérieure de Saint-Cloud, aujourd’hui ENS Lyon ; Diplôme d’Études Approfondies, aujourd’hui Master, puis Doctorats). Il y a plus de quarante ans ! Je ne suis pas un « pionnier » ; Alfred Lacroix et Haroun Tazieff méritent davantage ce titre. Mais je suis un témoin des formidables progrès effectués en volcanologie en quatre décennies…

 

  • Trouvez-vous que votre métier a évolué?

JMB : Oui, bien sûr. Il y a quarante ans c’était la « Préhistoire scientifique » : pas d’ordinateur portable mais de simples petites « calculettes », pas de téléphone mobile, pas de fax ni internet, pas de clé usb ! Les plus jeunes se demandent d’ailleurs comment nous pouvions « survivre » ! Nous utilisions des ordinateurs avec des programmes écrits en « Fortran » sur des centaines de cartes perforées (un plein carton de cartes pour un calcul). Puis nous avons reçu les « Apple II » avec 64 Mo de mémoire ce qui nous semblait prodigieux. Il fallait plusieurs disquettes pour sauvegarder l’ensemble de ma thèse. Aujourd’hui il est possible de traiter des milliers de données chiffrées. Nous pouvons connaître « en live » la sismicité des volcans islandais. Les GPS permettent un suivi minutieux des déformations. Les drones survolent des cratères inaccessibles… Le trajet du magma de la profondeur vers la surface est de mieux en mieux modélisé mais il faut toujours une « vérité terrain ».

 

  • Quelle a été votre première expérience sur un volcan en éruption?

JMB : En novembre 1978, je m’envole pour le Guatemala ! La première fois que j’avais pris l’avion c’était l’année précédente, pour aller en Corse, en excursion géologique et biologique avec l’ENS : j’avais 23,5 ans alors que ma fille a fait son premier vol, âgée de quelques mois seulement… Trois volcans voisins mais différents m’y avaient donné rendez-vous. Le Pacaya, qui émet des coulées de lave, le Fuego des panaches de cendres et le Santiaguito de redoutables nuées ardentes. J’y suis resté cinq semaines pour rentrer la nuit de Noël : cette première expédition était mon merveilleux cadeau. Je ramenais cinq caisses, soit 400 kg de roches, le début de ma thèse d’État.

 

Nuée ardente au Sinabung, Sumatra, Indonésie, lors d’un « Eruption Express » de 80 Jours Voyages (© J.M. Bardintzeff).

 

  • Volcanologue, c’est un métier que vous considérez comme dangereux?

JMB : Bien évidemment le volcan a toujours raison. Il faut rester prudent en toute circonstance, savoir faire demi-tour devant une éruption qui s’intensifie.

 

  • Quels sont les moments les plus marquants dans votre expédition dans les Terres australes et antarctiques françaises?

JMB : J’ai passé trois mois à Kerguelen en 1989. C’est un de mes plus beaux souvenirs. Départ de l’île de la Réunion à bord du bateau « Marion Dufresnes » long de 114 mètres. 6 jours pour atteindre l’île Crozet puis 3 de plus pour Kerguelen. Un choc ! L’accueil par les manchots royaux et les éléphants de mer. 3 mois au bout de monde pour décrypter la géologie de l’archipel. Déplacements en bateau ou par hélicoptère dans des conditions météo souvent difficiles. C’est un chapitre haut en couleurs de mon livre.

 

  • Un petit conseil pour les clients qui participeront aux expéditions organisées par 80 Jours Voyages en Antarctique?

JMB : Bien sûr, être équipé contre le froid. Vivre un peu au jour le jour en fonction de la météo : une journée maussade, sans aucune visibilité sera suivie d’une tempête de ciel bleu au-dessus de paysages époustouflants !

Jacques-Marie Bardintzeff, à Kerguelen en 1989 au milieu des manchots royaux : cherchez l’intru ! (©H. Leyrit)

 

  • Hors cadre: un temps, vous avez voulu être astronaute et avez même été dans le programme de formation pour voler sur Hermès. Des regrets?

JMB : Mon idole est Youri Gagarine, le premier cosmonaute. Passionné par la planète Terre, j’avais envie d’en faire le tour et même, pourquoi pas, d’aller plus loin ? J’ai répondu à des appels à candidature du CNES (Centre National d’Études Spatiales). Et j’avais été retenu sur une liste « B », dans le cadre du projet Hermès, une petite navette européenne qui n’a malheureusement jamais vu le jour. Comme je l’écris dans mon livre : « Pour explorer les volcans de Mars, je m’aperçois que je me suis trompé de millénaire… Mais je réalise que les volcans terrestres renferment encore bien des secrets.»

Jacques-Marie Bardintzeff, devant un Robin DR-400 à l’aérodrome de Chavenay, en 1986, dans le cadre de sa préparation de cosmonaute ! (© J.M. Bardintzeff).

 

  • Hors cadre: Le cyclisme, ceux qui vous connaissent savent que c’est ça votre autre passion? N’est-ce pas?

JMB : Mon autre idole est Jacques Anquetil, vainqueur de 5 Tour de France dans les années 60. J’ai une admiration sans bornes pour les coureurs cyclistes. Je connais tous les classements, tous les palmarès. J’ai vu passer le Tour de France la première fois en 1961, juste après le départ de la formidable étape Grenoble-Turin. Guy Ignolin s’était déjà échappé et ne sera plus rejoint. Souvent je suis monté à vélo à l’Alpe d’Huez applaudir les coureurs. J’ai gardé mon âme d’enfant, mon enthousiasme : le 20 septembre dernier, j’étais à Issy-les-Moulineaux pour saluer le peloton, le maillot jaune Pogacar en tête, qui terminait la dernière étape du Tour. Quelle joie d’avoir la casquette de Sean Kelly, le bidon de Nibali…

Jacques-Marie Bardintzeff, avec le maillot jaune, lors du BRA (Brevet de Randonneurs des Alpes) en 1993 (© J.M. Bardintzeff)

 

Retrouvez son livre : Ici