Anne Fornier est la fondatrice de La Fondation Volcano Active, une fondation internationale à but non-lucratif dont l’objectif principal est de soutenir la recherche scientifique, le développement et la diffusion des résultats sur l’activité des volcans, leurs risques à l’échelle mondiale, l’atténuation des risques volcaniques et le soutien à l’accroissement de leurs connaissances par le biais de projets sociaux.

Elle est aussi membre fondateur de la coopérative The End, dont l’objectif est la diffusion et la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies dans les PME et les organismes officiels.

Née en 1978, (Annecy Haute-Savoie France), Anne est une humaniste, géographe et spécialiste en gestion des risques. Elle est engagée sur les problématiques de résilience en terres volcaniques.

Elle a une maîtrise en recherche en géographie physique et analyse des risques volcaniques sous la Direction de Gérard Mottet, Directeur du Laboratoire de Géographie Physique Université Jean-Moulin Lyon III et sous la direction du climatologue Marcel Leroux, directeur du Laboratoire de Climatologie, Risques et Environnement, Théorie sur la dynamique du temps et du climat, AMP, à l’Université Jean-Moulin, Lyon III.

 

  • Comment est né votre intérêt pour les volcans ?

J’ai rencontré Haroun Tazieff à mes six ans, lors d’une conférence « connaissance du monde ». Je me souviens de son charisme et de ma fascination pour le documentaire.

Ma vocation est née par un concours de circonstance. Après mon baccalauréat et une enfance compliquée, mon avenir était flou. Je me suis inscrite à l’université pour bénéficier des droits étudiants, car je n’avais pas de recours financier. J’ai choisi une filière peu connue pour avoir de la place. Je suis arrivée en retard à mon premier cours, je me suis donc assise au premier rang de l’amphithéâtre. Après  trois heures de géomorphologie (dans lequel je n’ai rien compris,  j’ai même  écrit le cours en phonétique), j’ai été fascinée et j’ai décidé que je comprendrai.

Ensuite, pour mes 20 ans, je vivais ma première éruption au Piton de la Fournaise, puis avec les années, je suis entrée chez Terra Incognita (une agence de voyage aujourd’hui disparue, NDLR) pour travailler à l’agence puis aussi comme guide.

 

  • Après 20 ans sur le terrain, vous avez décidé de créer cette fondation, qu’est-ce qui vous a poussé à créer Volcano Active Foundation ?

Tout d’abord pendant huit ans, j’ai vécu en Savoie dans un petit village pour élever mes enfants, puis je me suis retrouvée seule avec mes trois enfants sur Barcelone. J’ai décidé de vivre selon mes valeurs et mes engagements. Il y a vingt ans, j’ai créé une ONG avec deux amis, Patrice Huet (actuellement Directeur scientifique du Musée du Volcan de la Réunion) et Sylvain Todman. C’est donc tout naturellement que j’ai repris ce chemin dans les zones volcaniques. Nous sommes face à des aléas inévitables, mais qui peuvent être atténués en travaillant la résilience des écosystèmes, la vulnérabilité des peuples, la justice sociale, l’éducation dans leur vie quotidienne.

Je me trouve souvent confrontée à dénoncer les mauvaises pratiques des États, des multinationales, des narcotrafics, des pressions, et même des manipulations de certains scientifiques.

Des peuples sont voués à une précarité par manque de formation sur les risques volcaniques. Les maisons, les routes, sont construites de façon rapide et accentuent les risques et désastres, les eaux sont les premières à être contaminées par les cendres ou les émanations en gaz.

Des solutions concrètes existent comme travailler sur les facteurs de vulnérabilité comme la pauvreté, l’éducation, les plans d’urbanisation et de construction, pour réduire les désastres en terre volcanique.

 

 

  • Pouvez-vous nous en dire plus sur la Volcano Active ?

La Fondation Volcano Active est une fondation à but non-lucratif dont les objectifs principaux sont de soutenir la recherche scientifique, le développement et la diffusion des résultats sur l’activité des volcans et leurs risques à l’échelle mondiale, l’atténuation des risques volcaniques et le soutien à l’accroissement des connaissances par le biais de projets sociaux. Elle a vu le jour début 2019. J’en suis la fondatrice.

L’objectif de la fondation est d’accroître la résilience des habitants et des écosystèmes des zones volcaniques avec un accent particulier sur les femmes et les enfants. Non seulement face aux catastrophes inévitables, mais aussi dans leur vie quotidienne avec les émissions de gaz, la contamination des aquifères et les maladies typiques des zones volcaniques.

Il existe plus de 1 500 volcans actifs dans le monde affectant directement plus de 500 millions d’habitants de ces zones volcaniques.

Nos objectifs s’articulent donc sur les piliers de la mitigation, de l’éducation et la divulgation.

 

MITIGATON

Former du personnel local qualifié et lui fournir les moyens techniques pour contrôler l’activité volcanique sur le terrain. Former la population à l’évacuation en cas de catastrophe.

 

ÉDUCATION // ÉCOLE DU VOLCAN

Créer et développer des programmes qui améliorent la connaissance des volcans, de leurs risques et travailler sur la prise de conscience de notre environnement.

L’objectif est de sensibiliser les enfants des régions volcaniques, à la volcanologie et à ses risques, en faisant des enfants une référence pour transmettre les valeurs et la protection de ce phénomène géologique et social si étroitement lié à la planète et à l’environnement.

 

DIVULGATION

Faire connaître les conditions de vie et l’état réel des volcans, tant par des études scientifiques que par des articles destinés au grand public.

 

 

  • Quels sont les principaux risques volcaniques connus et les moyens disponibles pour protéger les populations ?

Le travail est immense et rarement modélisable d’une zone à l’autre, chaque volcan est unique. La liste des dangers est longue.  Il s’agit de mettre en place une identification des dangers pour une gestion des risques de catastrophes par zone et par volcan.

Dans notre subconscient, les dangers de la nature semblent inévitables, catastrophiques. Mais les catastrophes ne sont pas naturelles, elles sont socialement construites, par manque de préparation, de prévention, d’atténuation, d’éducation et de suivi. Ce que nous avons, ce sont des menaces ou des dangers de la nature qui affectent les sociétés vulnérables.

Nous devons réduire la vulnérabilité sociale et structurelle pour rendre nos sociétés plus résilientes !

Pour donner un exemple de type de risque auquel on ne pense pas souvent :

Les éruptions sous-marines présentent des caractéristiques différentes en termes de gestion des risques par rapport aux éruptions produites sur la terre ferme. Il existe environ 70 000 km de dorsale océaniques sans données précises. Quels sont les risques et comment devons-nous les appréhender ?

Il est nécessaire de mettre en place des mécanismes de surveillance de l’activité volcanique dans la mer afin d’établir son éventuel danger pour les personnes et les biens, ainsi que des restrictions nécessaires au trafic maritime (sous-marins, etc..).

 

  • Vous parliez dans un article, du Campi Flegrei, un volcan caché sous la ville de Naples. Y a-t-il d’autres zones de risques volcaniques que l’on ne soupçonne pas ?

Il existe un phénomène volcanique rarement évoqué par son manque de recherche et sa situation géographique éloignée des plus dévastateurs : les éruptions limniques ou le dégazage brutal de dioxyde de carbone d’un lac volcanique.

Il existe 3 lacs au monde dont on parle d’éruption limnique : Il s’agit du lac NYOS (Cameroun), MONOUN (Cameroun), et KIVU (RDC-Rwanda).

Dans la nuit du 21 août 1986 vers 21h, se produit l’une des catastrophes naturelles des plus importantes de cette décennie : un nuage de dioxyde de carbone mortel libéré par le lac Nyos tuant plus de 1700 personnes et des milliers de têtes de bétail.

Le lac Nyos est un lac formé sur le flanc d’un volcan. Le magma situé sous le lac produit du dioxyde de carbone qui s’accumule dans les eaux profondes du lac. Le dioxyde de carbone est un gaz qui se dissout dans l’eau, surtout s’il est soumis à beaucoup de pression. Les 200 mètres de profondeur du Nyos supposent assez de pression pour dissoudre le gaz dans l’eau.

La libération soudaine du gaz due à un simple glissement de terrain, une explosion volcanique, un mouvement sismique, ou à une saturation des eaux en gaz changent la composition des données de rétention, les gaz remontant à la surface sous forme d’explosion.

Le dioxyde de carbone est plus lourd que l’air, incolore et inodore. Il s’est réparti comme un nuage invisible à travers collines et forêts, en tuant tous les animaux et les humains sur son chemin simplement en les empêchant de respirer de l’oxygène.

Les conséquences du lac Nyos nous interpellent sur l’ampleur d’une future catastrophe concernant le lac Kivu.

Il est situé à la frontière entre le Rwanda et la République démocratique du Congo. Il partage plusieurs caractéristiques avec le lac Nyos. Le lac Kivu a une profondeur de près de cinq cents mètres et une superficie de 2 700 km 2, presque 1 300 fois plus grand que le Nyos et des milliers de fois plus volumineux. Autour du lac Nyos, il n’y avait que quelques milliers de personnes. Autour du lac Kivu, vivent plus de deux millions d’êtres humains des deux côtés de la frontière. Il est facile de comprendre pourquoi le lac Kivu mérite le titre de lac le plus dangereux du monde. Une explosion sur le lac Kivu provoquerait une catastrophe presque sans précédent en termes de mortalité.

Le lac Kivu contient 300 fois plus de concentration de dioxyde de carbone que le lac Nyos et de surcroît contient un autre gaz le méthane. Le gaz méthane est produit par deux procédés simultanés : la réduction du dioxyde de carbone magmatique et l’oxydation de la matière organique par les activités bactériennes.

La plupart des lacs volcaniques libèrent les gaz annuellement par un mélange des eaux profondes et des eaux surfaces. Le soleil qui réchauffe les eaux superficielles des lacs permet un mouvement de convection des eaux permettant une libération continuelle des gaz. Le lac kivu est un lac méromictique, c’est-à-dire que les eaux ne se mélangent pas et sont stratifiées à différentes profondeurs.

L’extraction du gaz méthane et son exploitation par des entreprises étrangères qui semblaient apporter une solution économique pour la partie rwandaise, s’avèrent catastrophiques sur le plan environnemental. Les eaux rejetées après extraction ne sont pas remises dans leur couche d’origine ce qui accentue l’appauvrissement du lac au niveau de son écosystème. Les couches superficielles agissent comme bouclier. Les éléments nutritifs plongent dans les eaux profondes pour ne plus jamais refaire surface.

Ce sont mes rencontres avec Charles Balagizi, Chef de la section de géochimie de l’eau (géochimie et environnement) du nord Kivu, et coordinateur du Virunga Supersite qui m’a permis de me rendre compte de cette problématique réelle des éruptions limniques de ces lacs volcaniques. Ces travaux de grandes qualités, les complexités géopolitiques, géographiques, l’impact humain et environnemental ont été un des moteurs principaux de la création de la fondation.

Nos actions de soutien aux travaux de Charles, qu’ils soient matériels, humains, de formation (des équipes congolaises aux nouvelles avancées technologiques) sont pour la fondation des enjeux majeurs environnementaux, humains et économiques mondiaux.

 

  • Vous êtes en train de faire une série de documentaires ? Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Le documentaire est un moyen de divulguer les informations dans un autre format et d’avoir un impact avec un plus large public. Notre idée est de reprendre les connaissances du monde.

Nous avons 3 documentaires en projet. Un sur le travail de Charles Balagizi au Nyiragongo et le lac Kivu, une expédition dans le sud Ethiopien et une expédition de deux mois dans les îles sandwichs du sud en partenariat avec 80 Jours Voyages pour montrer l’importance de la conscience du monde volcanique et son écosystème.

 

  • Avez-vous d’autres projets à venir ?

Oui, mais nous manquons de fonds financiers, c’est évident.

Nos priorités sont liées aux enjeux sociaux, écologiques…

Nous avons un centre sur Barcelone depuis le mois de septembre 2020, pour être plus opérationnel sur le terrain.

Il s’agit de pouvoir offrir des produits des terres volcaniques permettant une économie durable et sociale permettant d’accroître la prévention, divulgation, et la formation aux risques.

Un livre en français sort en septembre prochain pour expliquer notre combat et la réalité de terrain. Nous sortons deux livres pour enfants en espagnol et Catalan et commençons notre plateforme internet internationale en ligne pour l’histoire, la culture et la vie quotidienne dans les zones volcaniques.

La mise en place de Volcano Care avec notre emblème Words into Action au sein de notre Foundation vient du Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophes UNDRR. Nous souhaitons rappeler aux politiques le rôle du principe de précaution et leur responsabilité en termes de prévention du risque de catastrophes.

Nous rappelons que nous devons établir une structure organisationnelle et identifier les processus nécessaires pour comprendre et prendre des mesures afin de réduire le degré d’exposition, d’impact et de vulnérabilité aux catastrophes, qui sont liées aux droits de l’homme, à l’environnement, à la lutte contre la corruption et au travail.

 

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Depuis plus d’un an, Mélanie fait partie de l’équipe 80 Jours Voyages et a pour mission, entre autres, d’animer les réseaux sociaux.

 

Plus de 15 vidéos ont été mises en ligne sur la page Youtube.

L’agence de voyage vous propose de regarder des vidéos pédagogiques présentées par le volcanologue Jacques-Marie Bardintzeff. Partez au Kazakhstan, en Arménie et dernièrement en Italie afin d’en savoir plus sur ses trésors naturels.

80 Jours Voyages vous propose également de voyager en observant sur 10 ans le volcan bouclier l’Erta Ale en Ethiopie ou voir quelques merveilles géologiques au Chili.

Chaque semaine, retrouvez-nous sur Facebook pour avoir en exclusivité des interviews, des actualités, les chroniques de Philippe Thiran et des articles sur la géologie, la volcanologie et la géographie.

 

Vous pouvez également observer la faune, la flore et des trésors géologiques et volcanologiques dans les plus de 100 photos partagées sur Instagram cette année.

 

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Un article de P. Thiran

Avant-Propos

L’objet de cette chronique est de jeter un peu de lumière sur l’origine du nom attribué à chaque minéral.

On peut, en effet, s’interroger à la lecture du nom du minéral aux fines aiguilles vertes transparentes, représenté ci-dessus : la Cuprosklodowskite, une terminologie plutôt réservée à une dictée de Bernard Pivot ou à un exercice d’élocution.

Les noms originaire de l’Antiquité

Certaines dénominations remontent à l’Antiquité, comme le Cinabre, minerai de mercure, auquel le philosophe grec Théophraste, au 3° siècle avant notre ère donna le nom de Kinnabaris. (note 1). Le naturaliste romain, Pline l’Ancien, donna le nom de Galena au minerai de plomb, lequel se nomme actuellement Galène, sulfure de plomb. Ultérieurement, le nom des minéraux découverts fut attribué pour toutes sortes de raisons, allant du patois de mineurs au patronyme d’une personnalité en rapport ou non avec la minéralogie.

L’I.M.A.

Heureusement, pour mettre de l’ordre dans cette nomenclature hétéroclite, fut créé en 1958 une institution internationale: l’International Minéral Association – I.M.A.

Sa mission est de revoir chaque dénomination, la modifier au besoin dans un but de cohérence, vérifier si le minéral est bien distinct des autres, attribuer un nom aux nouveaux soit découverts soit exhumés des caves d’un musée par exemple, retirer un nom erroné ou qui fait double emploi…

Ainsi, dans un souci de spécificité, toutes les terminaisons par le suffixe – ine – ont été remplacées par le suffixe – ite – afin d’indiquer clairement qu’il s’agit bien d’un minéral, ce suffixe provenant du grec – lithos – qui signifie  – pierre.

Il s’ensuit que le total des minéraux reconnus par l’IMA varie régulièrement. Au 1 mars 2021, le nombre publié  est de 5688  unités.

Pour y voir plus clair, certains spécialistes ont imaginé de trier les étymologies par catégorie.

Quelques exemples

Ce qui suit, donne un aperçu de ces travaux, en commençant, par exemple, par l’étymologie de quelques minéraux connus: le quartz, la calcite, le gypse, la fluorite, et la baryte.

– le Quartz provient de l’allemand quars , probable contraction d’un ancien terme de mineurs germaniques au 16° siècle: querertz .

– la Calcite, du latin calx, chaux, attribué en 1845 par Karl Haidinger minéralogiste autrichien,

– le Gypse, du latin gypsum signifiant plâtre,

– la Fluorite, du latin fluere, s’écouler, par allusion à son utilisation comme fondant en métallurgie, attribué en 1797 par le naturaliste italien Carlo Napione,

– la Baryte, du grec barus, lourd, par allusion à sa forte densité, attribuée en 1800 par Ludwig Karsten, minéralogiste allemand.

 

Minéral Calcite miel, Mont-Marchienne, Belgique
Calcite miel, Mont-Marchienne, Belgique, collection et photo de Philippe Thiran

 

Minéral Gypse aciculaire,Lublin,Pologne _ Philippe Thiran
Gypse aciculaire, Lublin, Pologne, coll. et photo de Philippe Thiran

 

Minéral Cristaux de Fluorine,Otavi,Namibie
Cristaux de Fluorine, Otavi, Namibie, coll. et photo de Philippe Thiran

 

 

 

Quelques noms éponymes de lieux situés en France et en Belgique

– l’Autunite (phosphate d’uranium), de la ville d’Autun  (Saône et Loire), minéral radioactif et  très fluorescent de couleur verte sous lumière U.V. Il fut exploité en plusieurs endroits de France, comme matière première des centrales nucléaires françaises,

– la Bauxite (oxyde d’aluminium), des Baux de Provence  (Bouches du Rhône), source principale d’aluminium,

– la Montmorillonite, silicate complexe, important constituant des sols, de la ville de Montmorillon  (Vienne),

– la Trimounsite, (silicate de titane), de la carrière de talc de Trimouns, la plus grande du monde, située à 1800 m au-dessus du village de Luzerac dans l’Ariège (Pyrénées).

 

Minéral Autunite, St.Priest-la-Prugne,Loire,France_Philippe Thiran
Eclairage naturel, Autunite, St.Priest-la-Prugne, Loire, France, coll. et photo de Philippe Thiran

 

Minéral Eclairage fluorescent Autunite, St.Priest-la-Prugne,Loire,France,
Eclairage fluorescent Autunite, St.Priest-la-Prugne, Loire, France, coll. et photo de Philippe Thiran

 

– l’Ardennite (silicate complexe), découverte à Salmchâteau dans les Ardennes belges,

– l’Ottrélite (alumino-silicate), du village de Ottré (Vielsalm) dans la province de Luxembourg, Belgique,

– la Kolwézite, (carbonate de cuivre et de cobalt) de la localité minière de Kolwési, province du Katanga, R.D.Congo.

 

Minéral Kolwésite fibro-radiée (verte) sur Calcite-cobaltifère (rose), Philippe Thiran
Kolwésite fibro-radiée (verte) sur Calcite-cobaltifère (rose), coll. et photo de Philippe Thiran

 

Quelques noms en rapport avec la personne qui a découvert ou analysé la première ou en l’honneur d’une personnalité

– la Becquerelite, hydroxyde d’uranium, dédié au chimiste et physicien français Henri Becquerel, qui découvrit par hasard la radioactivité,

(note 2)

– la Cuprosklodowskite, silicate d’uranium, dédié à Marie Curie, polonaise née Maria Sklodowska, qui découvrit le Radium et l’appliqua à la médecine. Elle fut aussi la première femme à recevoir le Prix Nobel en 1911,

– la Curite, hydroxyde d’uranium, dédié à Pierre Curie, physicien français, époux de Maria Sklodowska,  pionnier en radioactivité avec son épouse,

– la Carnotite, vanadate d’uranium, dédié à Marie-Adolphe Carnot, chimiste français, auteur du Traité d’analyses des substances minérales  en 1904,

– l’Haüyne, silicate complexe de roches volcaniques, dédié à René-Just  Haüy, célèbre scientifique français du 18° siècle, considéré comme le père de la cristallographie,

– la Lacroixite, phosphate anhydre, dédié à Alfred Lacroix, minéralogiste français du 19° siècle, célèbre pour son traité sur la Minéralogie de France et de ses colonies, paru à la fin du siècle.

 

Minéral Minéral Cuprosklodowskite - Kolwézi - Katanga - RDC
Cuprosklodowskite – Kolwézi – Katanga – RDC,  coll. et photo de Pierre Louis

 

Minéral Cristaux d'Haûyne sur Syénite,Laacher See,Eifel, Philippe Thiran
Cristaux d’Haûyne sur Syénite, Laacher See, Eifel, coll. et photo de Philippe Thiran

 

– la Buttgenbachite, nitrate de chlore, dédié à Henri Buttgenbach, éminent professeur de minéralogie à l’université  de Liège, qui publia en 1947 un ouvrage de référence les Minéraux de Belgique et du Congo Belge,

– la Cornétite, phosphate de cuivre, dédié au géologue belge Jules Cornet, qui s’illustra en découvrant à la fin du 19° siècle, l’immense richesse minérale du Haut-Katanga de la R.D.C. (note 3)

– la Césarolite, hydroxyde de plomb, dédié à Guiseppe Césaro, professeur à l’université de Liège au début du 20°siècle, qui s’illustra par des recherches et des descriptions de la cristallisation de centaines de minéraux, (note 4)

– la Deliensite, sulfate d’uranium, dédié en 1997 à Michel Deliens, docteur en minéralogie à l’Institut des Sciences Naturelles de Belgique, qui s’illustra par de nombreuses publications dont le recensement de 176 minéraux secondaires de l’uranium en 1993,

– la Vandenbrandéite, hydroxyde d’uranium, dédié en 1932 au géologue belge Pierre Van den Brand, qui mit en évidence les gisements de transition entre les uranifères et les cupro-cobaltifères comme le gisement de Kalongwe, région de Kolwézi, Katanga, R.D.C.

 

Minéral 8-Cornétite fibro-radiée, R.D.C, Pierre Louis
Cornétite fibro-radiée, R.D.C, coll. et photo de Pierre Louis

 

– la Valentinite, oxyde d’antimoine, dédié à Basil Valentin, alchimiste allemand du 16° siècle, qui découvrit les propriétés de l’antimoine.

 

 

 

Notes

Note 1: Ce minerai, sulfure de mercure, s’exploitait alors dans la région minière du Laurion, au sud d’Athènes, dont les ressources minérales en argent, cuivre et plomb, contribuèrent, à la puissance d’Athènes durant la période Classique de l’Antiquité (5° siècle BC).

Note 2: Becquerel rangea dans un tiroir des plaques photographiques et des sels d’uranium pour des recherches sur la fluorescence. Quand il voulut réutiliser ses plaques, il découvrit qu’elles étaient devenues inutilisables car impressionnées et, ce, à l’abri de la lumière. Il s’agissait d’un nouveau rayonnement: la radioactivité.

Note 3: Pour ce relevé, Jules Cornet était seulement armé d’un bloc-notes et d’une paire de jumelles. Il observa qu’aux endroits où les locaux exploitaient du minerai de cuivre, la végétation avait complètement disparu. Il rechercha alors des points hauts et de là repéra les endroits dénudés qu’il supposa recouvrir des gisements de cuivre. Ce fut bien le cas.

Note 4: Extrait du cours de cristallographie de G. Cesaro de 1902 tel qu’utilisé par ses étudiants.

 

Extrait du cours de cristallographie de G. Cesaro de 1902

 

 

Sources bibliographiques :

 – La grande Encyclopédie des Minéraux, Pierre Bariand, Grund, 1987,

 – Minerals with a French Connection, Fr. Fontain et R. Martin, Association Minéralogique du Canada,2017,

 – Les minéraux de Belgique, F. Attert, M.Deliens, A.Fransolet et E.Van Der Meersche, Institut des Sciences Naturelles de Belgique, 2002,

 – Minéraux, le guide des passionnés, J.Lebocey, Edition du Piat, 2019,

 – List of all Minerals recognized by I.M.A., site Web <www.ima-mineralogy.org>, mars 2021,

 – Data base de Mindat, site Web <www.mindat.org>, mars 2021,

 – Liste I.M.A. des Minéraux de Belgique 2018, J.Lapaire, contributeur I.M.A.

 

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La minéralogie comme la volcanologie sont des sciences qui évoluent avec le temps au fur et à mesure de l’avancée de la recherche et des connaissances. Ce qui est vrai à un instant T peut être remis en cause le lendemain.

Philippe Thiran, l’auteur de ce post, se tient à disposition de ceux qui voudraient échanger à propos des notions géologiques présentées. Vous pouvez nous contacter pour avoir ses coordonnées personnelles.

Un article de P. Thiran

Avant- Propos

Dans la première partie de cette chronique, il était expliqué comment notre planète contenait  1500 espèces minérales il y a 2,5 Mrda. Cette seconde partie va montrer comment apparurent 2700 minéraux supplémentaires  pour  atteindre le total actuel de 5200 espèces identifiées et reconnues officiellement.

 

Le “Great Oxydation Event”

Ce nouvel apport, le quatrième, est dû au “Great Oxydation Event”, comme le qualifie Robert M. Hazen, géophysicien au Carnegie Institution, qui est considéré comme pionnier de l’évolution de la minéralogie terrestre.

Il y a 2,5 Mrda, l’atmosphère terrestre était privée d’oxygène, ce dernier élément étant engagé seulement sous forme d’eau et gaz carbonique. A partir de cette époque, commença à intervenir l’interaction entre le vivant (ou l’organique) et le minéral,  laquelle va être à la base de l’apparition de nouveaux minéraux.

Les minéraux sources d’énergie

Dans un premier temps, ce sont les minéraux existants qui vont permettre le développement des premières formes de vie, les bactéries, en leur apportant l’énergie nécessaire grâce à leurs propriétés chimiques. Au cours de ce processus, se créèrent d’immenses dépôts de fer rubannés, (alternance d’oxydes de fer rouges et de silice blanche) appelés itabirites, qui se déposèrent au fond des océans et qui constituent 90 % des gisements de fer actuellement en exploitation, notamment en Australie. La poursuite du développement de la vie bactérienne amena un nombre suffisant de cyanobactéries ( ou algues bleues) à la surface des océans pour progressivement apporter de l’oxygène dans l’atmosphère par absorption du gaz carbonique ( CO2)  et rejet d’oxygène sous l’action de la lumière solaire, c’est à dire par photosynthèse.

Parmi les traces de cette activité bactérienne qui subsistent de nos jours, on peut voir dans le sud du Maroc de vastes dépôts de Stromatolites, constructions laminées de carbonates.

 

Stromatolite, Anti-Atlas, Maroc – Philippe Thiran

N.B. Les cyanobactéries  sont encore actives de nos jours.

 

L’oxygène source de développement pour les végétaux

La présence d’oxygène dans l’air permit le développement de végétaux sur les terres émergées qui, à leur tour contribuèrent, par photosynthèse de leur chlorophylle, à l’accroissement de l’oxygène dans l’atmosphère terrestre. Progressivement, la teneur en oxygène s’accrût, mais il fallut environ 2 Mrda pour atteindre la valeur actuelle de 21%. La formation de nouveaux minéraux se réalisa progressivement en fonction de la disponibilité de l’oxygène dans l’atmosphère terrestre. En effet, pour former des composés oxydés stables, les éléments comme le fer, le nickel, le cuivre, le cobalt, le manganèse, le plomb, l’uranium, … ont besoin d’une quantité d’oxygène  qui leur est propre. Par exemple, avec le cuivre, se forma d’abord l’oxyde rouge, la cuprite, et ultérieurement les minéraux plus oxydés, comme l’azurite bleue et la malachite verte.

C’est selon une chronologie similaire, qu’apparurent successivement les composés minéralogiques de complexité croissante des éléments atomiques cités ci-dessus.

Des minéraux richement colorés

Contrairement aux minéraux des phases précédentes qui étaient de couleur sombre, parfois brillante comme les sulfures, les minéraux de cette quatrième phase sont richement colorés:

  • les uranifères offrent une palette de couleurs fascinantes,
  • des composés du cuivre des verts et des bleus attrayants,
  • certains du cobalt du pourpre brillant,
  • d’autres du plomb du rouge orangé ou du vert jaunâtre,
  • et beaucoup d’autres que l’on peut admirer dans les publications ou les expositions sur la minéralogie

 

Géode d’uranifères, Shinkolobwe, Katanga, RDC – Philippe Thiran

 

Azurite sur Malachite, USA – Philippe Thiran

 

Erytrite, Sneeberg, Allemagne – Philippe Thiran

 

Vanadinite, Mibladen, Maroc – Philippe Thiran

 

Les minéraux aujourd’hui

De nouveaux minéraux, à base d’oxydes de fer et de manganèse apparaissent encore de nos jours, dans les argiles sous l’action de bactéries. Enfin, il a peut-être des minéraux qui n’ont pas encore été découverts. Cette hypothèse est soutenue par le fait que certaines exploitations minières ont révélé des composés minéralogiques que l’on n’a pas trouvés ailleurs.

Ce qui précède amène à considérer que le nombre de 5200 minéraux officiellement reconnus est probablement provisoire.

A noter enfin, que sur la planète Mars on n’a trouvé jusqu’à présent qu’environ 500 minéraux  et 300 sur la Lune, en raison de l’insuffisance de chaleur interne et d’eau sur ces deux planètes.

 

Pyromorphite, Guangxi, Chine – Philippe Thiran

 

 

Sources bibliographiques pour les 2 parties.

  – The Story of the Earth, Robert M.Hazen, Penguin Books, 2013,

  – Mineral Evolution, Robert M.Hazen, The Mineralogical Record, volume 46, Nov.Dec. 2015,

  – Ce que disent Les Minéraux, Patrick Cordier et Hugues Leroux, Belin, 2008,

  – Roches et Minéraux du Monde, Ronald L. Bonewitz, Delachaux et Niestlé, 2014,

  – 101 Minéraux et Pierres Précieuses, Jean-Claude Boulliard, Dunod, 2016,

  – L’Evolution des Minéraux, Pierre Gatel, Le Cahier des Micromonteurs, Hors-série Mars 2018.

 

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Philippe Thiran, l’auteur de ce post, se tient à disposition de ceux qui voudraient échanger à propos des notions géologiques présentées. Vous pouvez nous contacter pour avoir ses coordonnées personnelles.

 

 

Un article de P. Thiran

Définition d’un minéral

Un minéral se définit globalement comme un assemblage d’atomes qui  est structuré selon un des sept systèmes dits cristallins définis par René Just Haüy à la fin du XVIIIème siècle.

Il se définit également par sa composition chimique qui lui confère des propriétés de réactivité avec d’autres éléments.

A ce jour, il y a sur notre planète plus de 5200 minéraux distincts identifiés et reconnus par l’IMA ( International Mineralogical Association).

 

Le premier minéral

Leur histoire commence bien avant la formation de notre système solaire, soit il y a plus de 4,6 milliards d’années (Mrda).

Lorsqu’après le Big Bang (14,5 Mrda) et la formation du premier système stellaire, la température et la pression qui régnait dans l’Univers, diminuèrent  suffisamment ( jusqu’à environ 4000°C et 50 kbar), le premier minéral, le diamant, se forma par assemblage d’atomes de carbone préexistants.

Diamant brut 74 carats, kimberley, afrique du Sud – James Elliott, Fine Mineral International

Suivirent des alliages fer-nickel, des minéraux réfractaires comme le corindon (oxyde d’aluminium) et le rutile (oxyde de titane), des composés ferro-magnésiens comme les spinelles et le groupe olivine.

Au total une douzaine de minéraux qui, selon les auteurs sont appelés “primitifs”, “ancestraux”, voire “grains présolaires”.

 

D’une douzaine de minéraux à 250

Un deuxième apport de nouveaux minéraux eut lieu lors de la formation de notre système solaire il y a 4,5 Mrda comprenant le soleil et son ensemble de planètes dont la nôtre.

Comme les autres systèmes stellaires, le nôtre s’est formé par concentration de gaz d’hydrogène et d’hélium, et de poussières interstellaires contenant les minéraux primitifs. Les deux gaz deviennent le combustible du soleil, tandis que les poussières s’agglomèrent pour former des corps solides: les astéroïdes qui incluent les météorites, les plus petits d’entre eux.

C’est l’accrétion ou agglomération des astéroïdes qui va donner naissance aux planètes.

Les chocs provoqués par cette opération ont fait fondre et cristalliser une partie des minéraux primitifs ce qui a donné naissance à de nouveaux minéraux dont le Zircon (silicate de zirconium, très résistant et faiblement radioactif).

 

Zircon, Mogok, Myammar – Pierre Louis

 

Ce dernier devient le plus vieux minéral terrestre. Il a été trouvé dans des gneiss en Australie et en Antarctique et a été  daté de 4,3 Mrda.

A ce stade de formation de la Terre, on dénombre un total de 250 minéraux.

 

La multiplication des minéraux grâce aux phénomènes volcaniques

Ce sont des phénomènes volcaniques intenses qui ont présidé à la mise en place de la structure actuelle de notre planète et qui ont contribué à un troisième apport substantiel de minéraux.

Initialement les minéraux pré-existants s’étaient localisés dans le manteau,  à l’exception du fer et du nickel qui s’étaient concentrés dans le noyau.

Par la suite, des zones de la partie supérieure du manteau sont entrées en fusion partielle, créant des magmas riches en Péridotites (roches de minéraux ferro-magnésiens) et aussi de la Kimberlite (roche magmatique contenant le diamant).

 

Bombe à péridotite, Eifel, Allemagne – Philippe Thiran

 

Des éruptions volcaniques se succédèrent amenant les minéraux des magmas qui avaient cristallisé comme ceux du groupe de l’Olivine, les pyroxènes, les amphiboles (comme l’Hornblende), les micas (comme la Muscovite ou mica blanc), les feldspaths, le Quartz ( oxyde de silicium).

Hornblende dans pegmatite, France – Philippe Thiran

 

Mica blanc ou muscovite, Brésil – Philippe Thiran

 

Quartz sur ankérite, France – Philippe Thiran

 

Ces éruptions amènent aussi de la vapeur d’eau et des gaz sulfurés, initialement dissouts dans le manteau, lesquels contribuent à la formation de divers hydrates, hydroxydes, sulfures et sulfates (comme  la Blende et la Galène, sulfures de zinc et de plomb respectivement).

 

Blende et galène, Moresnet, Belgique – Philippe Thiran

 

Des intrusions magmatiques entrainent des éléments comme le béryllium, le bore, le fluor, le lithium,  … qui forment des béryls (comme l’émeraude), des tourmalines (comme la variété noire ou schorl), des topazes aux couleurs variées, du Spodumène (source de lithium),…

 

Emeraude dans sa gangue, Chivor, Colombie – Pierre Louis

 

Tourmaline Schorl dans pegmatite, Arizona, USA – Philippe Thiran

 

Les mouvements des plaques tectoniques entrainent, par métamorphisme,  l’apparition de nouveaux silicates dont les Grenats, le métamorphisme étant la transformation d’un minéral par élévation de température et/ou de pression.

 

Grenats emboités, Madagascar – Philippe Thiran

 

En particulier, les phénomènes de subduction, soit l’enfoncement de plaques l’une sous l’autre jusqu’à grande profondeur, entrainent également la transformation des minéraux présents dans ces plaques, les minéraux transformés étant  regroupés sous la dénomination d’Ophiolites.

L’ensemble de ces actions conduisit à un apport de 1250 nouveaux minéraux, ce qui donna, sur notre planète, un total de 1500 minéraux vers 2,5 Mrda.

 

La seconde partie de cette chronique expliquera comment notre planète contient actuellement environ 5200 minéraux distincts.

 

Sources Bibliographiques pour les deux parties :

– The Story of the Earth, Robert M.Hazen, Penguin Books, 2013,
– Mineral Evolution, Robert M.Hazen, The Mineralogical Record, volume 46, Nov.Dec. 2015,
– Ce que disent Les Minéraux, Patrick Cordier et Hugues Leroux, Belin, 2008,
– Roches et Minéraux du Monde, Ronald L. Bonewitz, Delachaux et Niestlé, 2014,
– 101 Minéraux et Pierres Précieuses, Jean-Claude Boulliard, Dunod, 2016,
– L’Evolution des Minéraux, Pierre Gatel, Le Cahier des Micromonteurs, Hors-série Mars 2018.

La minéralogie comme la volcanologie sont des sciences qui évoluent avec le temps au fur et à mesure de l’avancée de la recherche et des connaissances. Ce qui est vrai à un instant T peut être remis en cause le lendemain. Philippe Thiran, l’auteur de ce post, se tient à disposition de ceux qui voudraient échanger à propos des notions géologiques présentées. Vous pouvez nous contacter pour avoir ses coordonnées personnelles.

Le système volcanique Vestmannaeyjar (îles Vestmann) se compose d’un groupe d’environ 30 x 40 km d’îles volcaniques basaltiques et de cônes sous-marins occupant un plateau peu profond au large de la côte sud de l’Islande. Il a été le site de deux des plus importantes naissances volcaniques du XXe siècle en Islande.

La nouvelle île de Surtsey s’est développée à partir du fond de l’océan et a émergée en 1963 et 1967.

L’île de Heimaey se trouve à 20 km au nord-est de l’île de Surtzey. Elle a été le site d’éruptions dramatiques. Le 23 janvier 1973, le sol s’est fendu et un volcan entre en éruption, l’Eldfell. 5000 habitants ont dû être évacués. Les coulées de laves menacent de détruire le port, ce qui est une véritable menace pour le pays. En 1973, 80% de l’export Islandais est de l’export poissonnier et 1/10 ème se fait à partir de l’archipel de Vestmannaeyjar. Au total 1/3 de la ville sera détruite et une personne périra. Les Islandais reconstruiront petit à petit leurs chez eux.

Découvrez notre voyage en Islande :

Découverte des aurores boreales au coeur du desert

Sources :

  • «In Iceland’s fourteenth volcanic eruption of this century, a mountain is born, and a village fights for its life » de Noel Grove, National Geographic, juillet 1973.
  • Global Volcanism Program

Les feuilles deviennent rouges et tombent sur le sol, les températures baissent petit à petit et les nuits deviennent de plus en plus longues. L’hiver approche. Nous gardons espoir qu’un peu de magie s’opérera en cette fin d’année 2020 et que bientôt, nous pourrons découvrir à nouveau de fascinants volcans.

80 Jours Voyages vous propose de voyager dans votre fauteuil en cette fin d’année en attendant de se retrouver dans la nature. Vidéos, articles et interviews sont au rendez-vous. Prenez soins de vous.

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Au mois de novembre, le volcanologue et géologue Jacques-Marie Bardintzeff donnera des conférences dans plusieurs villes en France.

Il est actuellement “une référence en France” en matière de volcanologie. Son sens de la pédagogie lui permet de s’adapter à son public et de mettre à la portée de tous des phénomènes volcaniques complexes. Qualité que l’on retrouve à travers ses nombreuses interventions dans les médias (France Inter, France Info, France télévision, M6, TF1, etc.), ses conférences et ses nombreux ouvrages.

 

Lundi 12 novembre 2020 en soirée

Le Puy du Fou, 85590 Les Epesses

Il participera avec d’autres intervenants à un spectacle sur les « cinq » éléments

renseignements : herve.graton@kypseli.fr

 

Jeudi 19 novembre 2020 à 14h15

Centre Universitaire du Temps Libre (CUTL), Salle Simone Signoret, 28400 Nogent-le-Rotrou

« Vocation volcanologue »

renseignements : amourouxlamyutl@gmail.com

 

Dimanche 22 novembre 2020 après-midi

Château de la Grange-la-Prévôté, 77176 Savigny-le-Temple

« Volcans, séismes et tsunamis : la Terre en colère »

renseignements : mary.christine.vurpillot@gmail.com

 

Mardi 24 novembre 2020 à 15 h

Université du Temps Libre (UTL), 59400 Cambrai

« Les volcans et l’Homme »

renseignements : alain.sornette@wanadoo.fr

 

Découvrez les voyages avec Jacques-Marie Bardintzeff

Meredith Stoudenmire est une artiste contemporaine basée à Greenville, en Caroline du Sud, aux Etats-Unis. Ses peintures sont axées sur l’aventure, les volcans et l’enfance.

Meredith Stoudenmire is a contemporary artist based in Greenville South Carolina, United States. Her paintings focus on adventure, volcanoes and  childhood.

 

 

Bonjour Meredith,

Hello Meredith,

 

  •  Comment faites-vous le lien entre les volcans et les enfants ? / How do you link volcanoes and children?

Je suppose que mon travail a toujours consisté à être courageuse dans l’aventure de la vie. Quand j’avais une vingtaine d’années, je faisais des peintures sur mon propre cheminement. Il y avait toutes ces images de moi comme piégé dans la chambre magmatique souterraine attendant d’exploser. Mais maintenant que j’ai des enfants en bas âges, je les regarde prendre des décisions et essayer des choses et c’est tellement excitant – prendre des risques et foncer ! Les enfants dans mon art sont sur le chemin de la vérité et de la découverte d’eux-mêmes. Le volcan a la sagesse et les réponses qu’ils recherchent.

I guess my work has always been about being brave on life’s adventure. When I was in my 20s, I made paintings about my own journey so there were all these images of me trapped inside of the magma chamber underground, waiting to explode. But having small children now, I watch them make decisions and try things and it’s so exciting- taking risks and going for it! The children in my art are on a path to truth and finding themselves. The volcano has the wisdom and answers they seek.

 

  • Vous êtes diplômée en beaux-arts, mais vous aviez aussi des cours de géologie. Quand avez-vous commencé à vous intéresser à ces deux sujets ? / You graduated in Fine Arts but you also had geology classes. So, when did your interest in both subject started?

J’ai commencé dans une grande université, mais j’ai par la suite évolué dans une école d’art à Atlanta. J’ai toujours voulu être une artiste. Mais tout ce qu’on étudie en géologie est fascinant et beau – surtout l’apprentissage du mouvement et de la collision des plaques. C’est un symbole parfait du temps qui passe et le voyage de la vie.

I started at a large University, but then transferred to an art school in Atlanta- I always wanted to be an artist. But everything you study in Geology is fascinating and beautiful- especially learning about the plates moving and colliding. It’s a perfect symbol for time passing and the journey of life.

 

  • Pouvez-vous nous expliquer ce que sont les techniques de l’estampe ? Est-ce une technique que vous utilisez dans vos peintures ? Quel est votre procédé pour peindre ? / Could you explain what is printmaking? Is it the technique that you use in your paintings? What is your process for painting?

Les techniques de l’estampe consistent à imprimer des images sur du papier à partir de plaques ou de blocs. J’adorais cette discipline à l’université car elle est étroitement liée au dessin. Mais cela nécessite un équipement spécial en studio qui peut être très coûteux, donc j’ai surtout fait de la peinture depuis que j’ai obtenu mon diplôme.

Mon procédé pour peindre est assez simple. Je commence par des photos que j’ai prises de mes enfants et aussi des images de volcans d’internet (je suis toujours à la recherche de belles photos de volcans !). Je dessine le design sur la toile avec un crayon, puis je fais une « sous-peinture » qui consiste simplement à mettre de la couleur dans le dessin pour être sûre que la composition fonctionne. Puis je commence à peindre !

Printmaking is where you’re printing images onto paper from plates or blocks. I loved it in college because it has a close connection to drawing. But it requires special equipment in the studio that can be expensive, so I have mostly done painting since I graduated.

My process for painting is pretty simple. I start with photos I’ve taken of my kids and also images of volcanos from the internet (I’m always looking for good volcano pictures!). I draw the design onto the canvas with a pencil and then do an « under-painting » which is really just putting color down within the drawing to make sure the composition works. Then I start painting!

 

  •  Parlons de volcans. Quels sont les volcans que vous aimeriez visiter ? / Let’s talk about volcanoes. Which volcanoes would you like to visit?

Je n’en ai pas vu beaucoup dans la vie réelle. J’ai été à Yellowstone et au Mont Rainier qui étaient tous les deux incroyables. J’aimerais aller à Hawaï dans les prochaines années. J’adore l’aspect du Mont Fuji – j’ai beaucoup étudié l’impression sur bois japonais à l’université, donc cela a probablement débuté là. Peut-être qu’un jour, je pourrai participer à l’une de vos excursions !

I haven’t seen many in real life. I’ve been to Yellowstone and Mt. Rainier which were both amazing. I’d like to go to Hawaii in the next few years. I love how Mt Fuji looks- I studied a lot of Japanese wood block printing in college, so it probably started there. Maybe I’ll be able to go on one of your tours one day!

 

Merci beaucoup pour vos réponses très intéressantes.

Thank you for your interesting answers.

 

Retrouvez toutes ses peintures sur son compte instagram  volcanoanswers et son site web 

You can see her paintings on her instagram account volcanoanswers and on her website 

 

 

 

 

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C’est avec une grande et sincère tristesse que nous avons appris, ce week-end de Pâques, le décès de notre ami Norbert Choisi emporté par le Covid-19.

Nous perdons un grand passionné de volcans, mais nous perdons surtout un homme généreux et d’une profonde humanité qui nous manquera.

Nos pensées vont à sa famille dans ces moments difficiles.

Sylvain Chermette

Photo : Norbert effectuant des prélèvements lors de notre voyage géologique sur les volcans de boue de Berca.